L’autorité et les interdits

  L’équilibre entre ce qui est permis et non-autorisé reste plus que jamais l’une des bases essentielles de la vie sociale.
 Les interdits indiquent ce qu’il ne faut pas faire.
 On peut contester le caractère radical mais en cas d« urgence », cela se révèle très utile.
Il est d’usage d’opposer, libertés et interdits, les premières étant à chérir et les seconds à proscrire, éventuellement.

 Ceci sont liés à une mise en œuvre particulière du monde et vise à éviter les conséquences néfastes temporaires ou permanentes, d’actes irréversibles.
 Les interdits, bien dosés (ils approchent, dans certains cas, la justice), s’inscrivent dans des cycles individuels ou dans une organisation plus générale. Ils agissent comme un contrôle social, maintiennent une cohésion de groupe et les valeurs de la société.
 Il existe une frontière bien définie entre interdit et autorité mais l’un ne va pas sans l’autre.
 L’autorité positionne l’interdit.
 Il reste à les définir.

 L’autorité n’est une exclusivité réservée aux hommes ou aux dirigeants. Elle s’établit dans pratiquement tous nos actes quotidiens et doit aussi faire ses preuves dans des situations extraordinaires. Elle frôle l’engagement, les choix.
 Les enfants exercent aussi un pouvoir autoritaire en émettant leurs premiers refus, par exemple. La liste des positionnements de l’autorité est longue.
 Il n’en est pas tout à fait de même pour les interdits. Ils sont plus facilement classables et ont une particularité universelle ou presque. Ils sont répertoriés par l’anthropologie (tabous, morale), les religions (opposition profane-sacré), les lois et depuis quelques décennies, la laïcisation des critères.
 Il s’agit d’actes de base touchant souvent des sujets primordiaux qui sont d’ordres moraux, avec des applications concrètes comme l’interdit de tuer, interdit d’inceste, de viol, de luxure, de vol… sans parler de toute une palette liée à des références culturelles, de clans, familiales ou personnelles.
 Les interdits pratiques sont là aussi, tel que : interdits bancaires, censure de jeux, films ou livres, toxicomanies, produits dangereux… Ils passent par des actions pénalisantes, des amendes, voir plus.

 Une société basée sur l’interdit ne laisse aucune place à l’expression personnelle et collective. L’inverse engendre un manque de repères, indispensables à l’organisation et au développement général et particulier.
 Juste milieu, quand tu nous tiens…

 

Sylvie BRIERE et William J MBASSI