Temps, chômage & productivité du travail français


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Prévention par un regard tremplin

Nous attendons tous l’infléchissement de la courbe du chômage. Bien que cette notion professionnelle et technique soit connue, elle a tendance à ne pas « parler » aux chômeurs.
En cette fin d’année, les foyers français sont rongés par les CDD, les RSA et les fins de droits.
Alors prenons en compte les véritables souffrances et si les chômeurs diminuent de quelques micros points, le positif, le tangible est un peu ailleurs, tout de même.
La bonne nouvelle est qu’au moins, on a du pain sur la planche et nous sommes tous responsables alors relevons nos manches.
24.12.13.
 
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Me voici plongée dans « SOCIETAL 2017 », chez Eyrolles, j’y puise des regards, des apports instructifs pour comprendre la société entrepreneuriale immédiate. Cela n’est pas si facile mais surtout, il y a un enjeu : travailler pour les 30 ans à venir, c’est à dire pour ceux qui ne sont pas tous nés.


Voici ce que je retiens de ce livre pour cet article :

Page 84, « …/… On s’aperçoit que la France cumule plusieurs handicaps. Rappelons-les :

- Une main d’œuvre extrêmement bien formée et d’ailleurs jugée créative dans le travail. Par exemple, on s’extasie sur la performance économique de la Chine par rapport à la France. Mais chaque travailleur Chinois produit 15 200 dollars de richesses annuelles quand le travailleur français en produit 94 300 dollars, soit 6,2 fois plus. La durée annuelle du travail est d’environ 1500 heures en France et 2000 en Chine. Donc l’heure de travail n’est pas six fois mais huit fois plus productive en France qu’en Chine. »

…/…


La France est, selon les années, au deuxième, troisième ou quatrième rang mondial pour les investissements directs étrangers (IDE). En 2014, la France était quatrième…/…


Page 85 :

Songeons qu’à l’exportation par habitant, le Français est devant le Japonais (le Français exporte 54% de plus que le Japonais), cet homme pourtant réputé si industrieux…/…


Ajoutons, pour ne rien cacher de nos handicaps, que la France -premier pays touristique au monde - est considérée depuis longtemps, partout sur le globe, comme le pays où il est le plus agréable de vivre. L’International Living Magazine, américain publie chaque année un classement des pays où il fait bon vivre. Pour la cinquième année consécutive, la France arrive en tête.


(Réf : http://www.ambafrance-nl.org/La-France-est-le-pays-au-monde-ou )


Fin de citation.



 
 Personne n’imagine la course au temps, à l’argent et l’inventivité que peut avoir une personne sans travail fixe.
Le chômeur, pour peu qu’il ait des enfants jeunes et moins jeunes, rivalise d’ingéniosité entre budget, recherche d’emploi et vie quotidienne.
 Il est de plus en plus sujet à une crise économique familiale chronique car ses revenus sont altérés, soit, mais aussi parce qu’il a souvent d’autres membres de sa famille vivant dans ces conditions. Les années 70-80 sont loin, l’indemnisation actuelle laisse beaucoup d’interrogations devant les factures et les crédits maison-voiture-conso-étude-médecin. La comptabilité et les paiements à eux seuls entraînent une, voir deux heures, d’occupations par jour. On inclue dedans la comparaison des prix qui va devenir un nouveau sport intellectuel.

 Pour être un bon chômeur, bien intentionné, il faut disposer d’une connexion Internet, d’un contrat téléphonique, d’une imprimante, de cartouches d’encre, d’un pc et très souvent, pour ne pas dire tout le temps, d’une voiture et donc d’un permis de conduire. Mais aussi, pour la sauce, de persévérance, de patience, de moral sans faille et de connaissances extra lucides (dans le sens de lucide au-delà de tout) pour doubler tout le monde sur les postes en vue.
 Il est mis à la disposition du chômeur, quelques points de connexion Internet dit gratuits, qui souvent occasionnent des déplacements plus onéreux qu’un abonnement illimité mensuel.
 Il faut rajouter quelques centaines d’enveloppes, timbres et feuilles de papier par mois, au moins.
Parfois, il faut être près à tout quitter et partir aux Bahamas des chômeurs, c’est à dire là où il y a du boulot. Donc soit on s’expatrie individuellement, soit on emmène tout. Qui préfère quoi ?
 Évidemment, tout le petit matériel cité doit servir, il faut le prouver. Alors chaque jour ou presque, imperturbable, le sans emploi décroche téléphone, papier à lettre et recherches intensives pendant deux ou trois heures par jour, jusqu’à épuisement car après 200 courriers et 20 réponses négatives, la relance téléphonique se fait en reculant. D’autant que lors des appels, le monsieur ou la dame ne sont jamais là et après votre deuxième relance, le gentil répondeur s’enclenche ou un non sonore se fait entendre, préservation de l’emploi oblige, le barrage est efficace.

 Arriver enfin devant un employeur courageux, (qui n’a pas peur des chômeurs trop expérimentés ou pas assez) il faut avoir l’air présentable jusqu’aux sourcils à ce qu’il paraît. Donc, un investissement chez le coiffeur et pour le pantalon bien repassé et surtout à la mode sont des actes incontournables.
 Il faut être détendu et souriant mais pas trop, expliquer son parcours, ne pas parler des quatre mômes qui ont faim ou de son envie d’ avenir et surtout dire que l’on veut travailler pour se faire plaisir. L’argent pour vivre c’est pas beau.
Votre interlocuteur sera ce qu’il sera et vous le remercierez mille fois s’il ne vous déchiquette pas par une phrase de conclusion assassine.
Vous le louerez une seconde fois, si, il vous rappelle pour vous donner son choix.
 Et avec un bol, de la chance ou de la baraka (disait-on à un certain moment), il vous annoncera qu’il veut bien vous prendre à l’essai pour quatre mois, au salaire minimum, 20 heures/sem. et après on verra. Ou bien vous conclurez un petit contrat renouvelable, on ne sait quand, ou encore, vous aurez un CDI au smic jusqu’à la retraite. Un vrai prince quoi !
 Là, vous êtes sauvé, préservé des timbres, ramettes de papier, cartouches d’encre, transport, téléphone et fin de mois le 10. Enfin, presque, car, pendant un temps difficile à prévoir, vous devrez faire connaître votre nouvelle situation et là, il y a du boulot !
 Vous entrerez dans l’air du smicard averti et dynamique qui paiera des impôts. Vous consommerez du travail, du costume pas cher et des tablettes de beurre.
 La France est une sportive et 15 millions de Français des surdoués du sport !
 Au passage, avant l’ultime emploi, vous serez sans doute passé par le contrat de réinsertion, qui ne consent aucun refus et qui vous conduira dans les champs, hiver comme été, ou dans… allez ! On lâche ! Ça va devenir Rouge Révolutionnaire ou complètement anti travail !

 Comme Association France Prévention ne prend parti pour personne, parlons du patron qui croule sous les CV, les coups de téléphones intempestifs qui l’empêche de faire tourner son affaire et les errants, traînant par ci par là pour justifier leurs recherches.
Sans parler de ceux et celles, qui à aucun moment, n’ont une intention de travail… black oblige (comme on dit encore).
 Signalons au passage les innombrables contraintes trésorières des PMI, PME.
 Le pays n’est pas composé que de multinationales cotées en bourse. Nous avons encore un panel d’artisans, professions libérales et petits commerçants, petites rivières de notre organisation. Là, la réalité n’est pas aussi agréable que l’on croit. Pour se préserver, le petit patron a bien du mal à créer des emplois pérennes. Beaucoup ne sont pas pauvres mais leur temps de travail s’étale sur 6 et parfois 7 jours et les cinq semaines de fermeture obligatoire les sauvent (pas tous) de la saturation.
 80% des créations d’entreprises ne passent pas le cap des cinq ans !
Après, il y a des corps de métiers actifs ou pas, l’entraide familiale et l’organisation, la gestion. Mais tout ne se gagne pas sur un coup de jeu de hasard.

En conclusion :
 Les évolutions et mouvements descendants, ascendants font partie de l’histoire, la petite et la grande. Il faut faire le ménage de temps en temps, ranger les placards et les vider de ce qui ne sert plus.
Mais il n’y a aucune raison valable à l’appauvrissement des pauvres, ça, c’est caricatural, surtout pour eux.
 La sportivité, c’est savoir aussi perdre (mais pas tout), tirer des leçons et tenter de nouveau.
Allez ! Un petit coup de préhistoire… Même que le feu y en avait pas… et nous sommes 6 milliards… en passant par les Jardins suspendus, les Pyramides, les Druides, l’école pour « tous » et les tranchées sécessionnistes et poilues.
Bon, finis les apprentissages, on a compris… Passons au Bac + 5, 6, 7 de la respiration et de la péridurale… On peut y arriver, on va y arriver… Quand on veut, on peut, non ?
 Courage, ça va décoiffer, la peur n’évite pas le danger, le train arrive, quittons les rails, changeons de direction.

Sylvie BRIERE
 

Nous agissons dans la prévention et non dans l’urgence.