Développement psychomoteur de l’ENFANT

Développement psychomoteur de l’enfant

  • Naissance : le nouveau-né est dépendant du milieu et il n’existe pas de communication intentionnelle, la vie est rythmée par les besoins physiologiques. Les membres sont en hypertonie et l’axe corporel en hypotonie, la tête ballante. Les mouvements sont anarchiques, diffus, avec la présence des réflexes archaiques devant disparaître vers 3 mois. La sensorialité est essentiellement interne, cutanée, olfactive et gustative. Le visage humain est préféré aux objets. Les cris sont différenciés selon les désirs et la réponse de l’entourage est importante car c’est le 1er dialogue.

Au niveau du développement visuel, il y a réaction pupillaire à la lumière, réflexe de fermer les deux paupières en cas de lumière forte approchée du visage, pleurs, préférence pour les visages humains/autres types de stimulation.

  • 4 semaines  : préparation à la coordination oculo-manuelle

Poings serrés.

Au niveau visuel, l’enfant fixe sommairement les objets, il fixe les expressions du visage qu’il peut parfois imiter, il préfère les objets volumineux à bords verticaux ou horizontaux et aux motifs simples

  • 2 mois : Découverte du monde extérieur par la vue (lorsqu’on balance un jouet devant le visage de l’enfant, il tourne la tête pour le suivre plus régulièrement. Son champ visuel s’élargit), par l’ouïe (coordination entre l’audition et la vision), par le toucher (avec ses jouets)

 

  • 3 mois : Prise de conscience du monde extérieur par la poursuite oculaire du déplacement de ses mains.

Au niveau visuel, l’enfant fixe les sources lumineuses, il suit du regard les objets en mouvement tout d’abord jusqu’à la hauteur des yeux, fascination pour les couleurs vives et les lumières, coordination binoculaire, il regarde sa main, les yeux bougent en direction de la source sonore.

 

  • 4 mois : l’enfant aime qu’on le tienne en position assise, il redresse la tête. Les membres sont détendus et en décubitus ventral, la tête se redresse C’est la 1re composante de la position verticale, son champ visuel s’élargit encore, l’enfant est attiré par tout ce qui bouge. La préhension est cubito-palmaire (à bout de bras, déclenchée par le contact), volontaire et si le nourrisson cherche à attraper l’objet, il peut le laisser échapper ou il le porte à sa bouche sans le regarder.

L’acuité auditive est acquise et visuellement, l’enfant tourne la tête vers l’objet en déplacement, coordination entre les mouvements de la tête et des yeux.

Au niveau langage, il y a explosion de sons divers (lallation) en regardant la mère.

Au niveau visuel, développement maculaire à son maximum, faible vision périphérique, vision centrale, regard rapide et alternatif de la main à un objet, vision des couleurs, perception du relief.

  • 5-6 mois : le bébé peut redresser la tête et le tronc en prenant appui sur les coudes et les mains. Il se tient assis avec soutien. Aidé, il vient de la position dorsale à assise, c’est le début de la maîtrise de l’acte assis. Il fait des roulades latérales et sur le dos, il joue avec ses pieds en pédalant et les attrapant. Le bébé réussit à atteindre ce qu’il convoite, ce sont les véritables praxies (mouvements volontaires). Il fixe l’objet, le met devant ses yeux et le porte à sa bouche. Il agite le hochet pour obtenir le bruit. Au niveau préhension, elle est volontaire et digito-palmaire (sans le pouce), il peut tenir un objet dans chaque main et le passer d’une main à l’autre. Il reconnaît le visage de sa mère et est sensible aux intonations. C’est le début du pré verbiage, la maman imite les productions verbales du bébé.

Au niveau visuel, coordination oculo-manuelle, capacité parfaite de fixation, reconnaissance des formes, début de mémoire visuelle.

  • 7-8 mois  : coordination oculo-manuelle acquise. La préhension est radio palmaire (le pouce sert de butoir). L’enfant tient assis tout seul, il peut rouler, se pencher pour attraper les jouets et aime jouer avec son propre corps. Il ne parle pas encore mais comprend et apprend à répéter en écho.
  • 9-10 mois : l’horizon s’élargit à chaque progrès de la maturité musculaire. Il sait ramper ce qui augmente le champ de son initiative. Il fait des progrès dans son contrôle musculaire qui devient plus précis (il peut saisir vite une ficelle). Il découvre la profondeur. Il passe seul de la position couchée à assise et tient debout avec appui. Il peut saisir un objet entre la base du pouce et l’index et retrouve l’objet caché. Il écarte la main d’autrui qui se met entre lui et l’objet convoité, il aime jeter au sol. Au niveau langage, ce sont les 1ers faux mots qui encouragent le bébé. Pour l’enfant, il s’agit d’un exercice vocal et pour les parents, c’est un mot. (En babillant, l’enfant assemble une série de syllabes simples comme papapapa-mamamama).

Au niveau visuel, intérêt pour les objets minuscules, l’enfant incline la tête pour regarder vers le haut.

  • 1 an : il se met debout seul, tient seul peut marcher en donnant la main ou se tenant aux meubles. L’enfant tient en pince et pointe le doigt vers un objet. Le langage proprement dit va se constituer.

Différenciation des formes géométriques, vision binoculaire acquise.

 

  • 15-18 mois : il est constamment en action, il jette et lance beaucoup, exercice utile pour la perception des distances, développement des notions de hauteur et de profondeur. L’enfant marche seul, puis court et dès qu’il chute, il peut se relever. Il s’agenouille pour ramasser et se remet debout. Peut tirer un objet derrière lui. Il monte l’escalier à 4 pattes, puis debout maintenu.

L’enfant vit dans le présent, il ne se sert d’aucun vocabulaire temporel mais réagit à un « maintenant ». Il aime jouer à cache-cache et acquiert la notion des parcours. C’est le début de la mémoire spatiale (connaissance des mots « haut » et « bas »).

Reconnaissance des similitudes et des différences, intérêt pour les images, il trace des traits et griffonne

 

  • 18-24 mois : la coordination fine est encore limitée par certaines immaturités de son système nerveux. Il a du mal à tracer quelque chose à l’horizontal alors qu’il le fait à la verticale. Il vit encore dans le présent, attend quand on lui dit « tout à l’heure ». Il sait utiliser un dessin de tapis pour faire un chemin pour la petite voiture (début de la représentation mentale). L’enfant descend l’escalier, le renvoi du ballon est plus ferme et il existe des constructions de 2-4 cubes. Il boit à la tasse. Au niveau langage, vers 18 mois, il s’agit d’un assemblage de 2-3 mots ayant un contenu affectif (papa parti…) et vers 20 mois, le vocabulaire comprend une centaine de mots.

 

  • 2-3 ans : maturité psychomotrice, il sait combiner un trait vertical et un trait horizontal, il sait obéir aux ordres comprenant les termes « au-dessus », « sous »…, aime suivre toujours les mêmes itinéraires. L’enfant sautille, court, grimpe, monte et descend l’escalier seul. Il essaie de s’habiller seul. Au niveau préhension, il y a une bonne rotation du poignet et une indépendance manuelle. Il apprécie les jeux d’encastrement et de construction.

Au niveau langage, vers 3 ans, le petit dit son prénom, nomme de nombreux objets, identifie par leur nom de nombreuses parties du corps, et dans la phrase, la négation apparaît. L’acquisition du « je » implique que le petit s’individualise.

Toutes les capacités visuelles sont acquises, l’accommodation se développe

 

  • 3-4 ans : l’enfant déborde d’activité motrice. Il saute sur un pied en maintenant son équilibre, il a besoin d’espace et de changements. Il comprend la place dans le temps des évènements de la journée. Il peut dire un itinéraire avec des repères subjectifs (ex : l’endroit où on joue au ballon) mais il n’y a pas de transposition spatiale possible. Il connaît la ville dans laquelle est située sa maison et le vocabulaire est adapté aux lieux. Il peut dessiner un bonhomme têtard.

Il copie des formes géométriques.

  Les changements de développement qui surviennent au cours des années de 5 à 10 ne sont pas aussi frappants que dans la petite enfance. La vie affective de l’enfant de 5 ans donne à penser qu’il est en accord avec lui-même et qu’il a confiance en autrui.

 
-  4-5 ans : MOTRICITE  : l’enfant est bien orienté par rapport à lui-même. Il arrive à se dominer dans les activités corporelles. Il arrive à jeter une balle et lui donner un coup de pied en même temps (coordination). Il sait marcher droit, descendre un escalier en alternance et sauter sur un pied. Il a encore trop peu d’équilibre pour des patins à roulettes mais se sert d’un tricycle, il marche sur la poutre. Ses activités oculo-manuelles sont précises quand il s’agit d’activités motrices simples. La dominance manuelle est déjà nette et l’enfant reconnaît la main avec laquelle il écrit. A table, il est capable de se servir d’un couteau pour étaler du beurre mais ne peut pas couper la viande. Il est capable de respecter certaines consignes lors de déplacements (feu rouge-feu vert) mais a peur de certains éléments naturels (tonnerre, obscurité, chien…)

  TEMPS ET ESPACE : il s’intéresse surtout au temps présent, le temps est surtout pour lui son propre temps personnel. Il a la notion du matin et de l’après-midi, il peut dire le jour.

Il s’intéresse à l’espace qu’il occupe à un moment précis.

Au niveau visuel, finesse et clarté des détails, perception du relief, identification des couleurs, amélioration de l’orientation visuelle dans l’espace.

 

  • 5-6 ans : l’enfant est presque toujours en activité, qu’il soit debout ou assis, il peut s’ouvrir à tous les apprentissages possibles. Il semble être conscient de projeter son corps dans l’espace. Il aime se battre mais ne sait pas quand il faut s’arrêter car il n’a pas de contrôle. Il aime aussi les expériences au trapèze et faire de la balançoire, l’équilibre est meilleur.

Il a davantage conscience de sa main en tant qu’outil mais s’y prend gauchement pour les activités fines. Quand il colorie, son maintien est gauche, il change la position de son corps aussi bien que la façon de tenir son crayon de couleur et il penche la tête. Il est vite distrait par ce qui l’entoure.

L’enfant de 6 ans est le centre de son univers. Il est autoritaire, domine la situation et est toujours prêt à donner des conseils aux autres.

TEMPS ET ESPACE : la connaissance de la durée est plus grande. Il montre de l’intérêt quand on lui parle de sa petite enfance et pénètre dans l’avenir par la succession des fêtes significatives (Noel…) et des anniversaires mais la durée temporelle d’un évènement a peu de sens pour lui.

L’espace s’étend et il peut craindre de se perdre s’il dévie du chemin connu. Il connaît la droite et la gauche sur lui mais pas sur autrui.

  • 7 ans : C’est une période où l’expérience accumulée est mise en réserve et où l’on commence à établir des liens entre les expériences anciennes et nouvelles.

La posture est plus tonique et plus stable, il peut rester dans la même position plus longtemps, il aime comparer les tailles.

L’écriture est plus fine et les silhouettes humaines représentées plus précisément. Il contrôle mieux son attention.

Il a davantage conscience de lui-même et prend au sérieux les responsabilités confiées (aime aller faire des courses).

Il lit bien et aime lire seul.

TEMPS ET ESPACE : le sens du temps devient plus pratique, il sait lire l’heure, il est conscient de l’écoulement du temps dans la succession des évènements.

Il ne sait pas encore distinguer la droite et la gauche sans se référer à son propre corps, début de la notion de perspective.

 

  • 8 ans : l’enfant devient plus expansif au niveau intellectuel, il peut exprimer son étonnement et sa curiosité. Il se voit plus précisément comme une personne propre au milieu d’autres personnes.

Les mouvements sont plus souples et gracieux, sa démarche est assurée, il est conscient de son maintien. Il court, saute, lutte, nage… Il est prêt pour des sports plus organisés comme le foot.

La motricité fine est de meilleure qualité, la main s’approche et saisit plus rapidement avec plus de fluidité.

Il est davantage conscient des proportions corporelles.

TEMPS ET ESPACE : l’espace personnel s’étend (il peut prendre le bus). Il s’intéresse à de nouveaux chemins et en particulier aux raccourcis, au risque de s’y égarer !

Il reconnaît la droite et la gauche sur lui et autrui.

  • 9 ans : L’enfant se contrôle mieux et acquiert des nouvelles formes d’indépendance. Il fait preuve de plus d’adresse et contrôle mieux son sens du temps, il n’a pas toujours la notion de mesure. Il peut se servir des deux mains indépendamment l’une de l’autre.

Il peut prendre conscience de ce qu’il regarde sans prêter attention à ce sur quoi il fixe son regard.

 Il se suffit à lui-même et sait diriger son indépendance.

 TEMPS ET ESPACE : Il contrôle le temps et l’espace mais il ne faut pas lui demander de faire deux choses en même temps, il sait lire l’heure.

 

  • 10 ans : l’enfant peut s’appliquer à une tâche visuelle et poursuivre en même temps une conversation, il peut faire un dessin asymétrique de mémoire.

Dominique BOULIER Psychomotricienne Instructrice de locomotion.