France Bleu Normandie & le Burnout


Fleur est sortie de sa maison de convalescence où elle a passée trois mois. Elle n’est pas encore stabilisée et tout sera fait pour lui permettre de choisir son travail et son retour dans la société active.
Sa reprise n’est pas encore programmée et il n’est même pas encore question de septembre 2017.


21 février 2017

Fleur a été hospitalisée grâce à son bon sens mais aussi à sa gentillesse. Cette dame est plutôt comment pourrait-on dire… Docile, douce, tranquille.
Elle suit les actions de France Prévention depuis novembre.
Je lui ai conseillée un psychologue depuis le début puis je suis allée dans son entreprise et j’ai fait relais plusieurs fois dans la journée depuis 4 mois.

Fleur ne se plaint pas. Seulement, elle refuse de plus en plus l’échelle de valeur de sa fatigue que je laissais à son appréciation de 1 à 10.
Elle ne se rend pas chez un psychologue.
Mais aussi elle «  trottine  » et en lui parlant de son armoire, de ses vêtements pour le printemps, il n’y a pas de ressort. Sa marche est lente et semble douloureuse. Il y a le bruit qui la gêne parfois la foule, aussi. Il y a trop de mouvements.
Elle qui aime marcher ne le fait pas avec envie et force.

L’échelle de valeur sur la fatigue finit par empêcher le coup de téléphone. Alors j’organise une entrevue à Rouen, au pied levé.
Nous resterons deux ou trois heures ensemble car avec les épuisés, le temps ne compte pas.
Nous bavardons. Les signes sont si peu apparents que l’on peut penser que Fleur est en forme mais un peu au ralenti.

Il y a ce petit truc qui revient, Fleur me demande assez souvent si je vais bien. Là, je sais que ça ne colle pas. Je sollicite Fleur sur ses visites, ses amis, sa famille. Tout va bien mais…
Le mais, ce mais qui s’ajoute à plein de petits signes, les uns et les autres assez insignifiants mais ils se rajoutent.


Fleur ne parle pas clairement de son état d’épuisement, elle dit qu’elle ressent sa collègue comme hostile et néfaste à son encontre.
Fleur n’a plus la capacité de se protéger seule, par elle-même, par sa décision et pourtant, elle ne demande qu’une protection.

La confusion due à l’épuisement devient dangereuse et elle mélange l’état d’esprit de Fleur qui avance et recul mais surtout recul.
Elle se met en quête de solutions, elles ne correspondent plus à une vitalité.
Les solutions deviennent de plus en plus lugubres tout en restant invisibles à mes yeux observateurs.
J’installe une parcerelle suplémentaire qui est de laisser mon portable associatif allumé pour elle.

Trois nuits passent et Fleur continue sur les mêmes registres en ajoutant une forme d’accélération de sa dépendance à me dire ses problèmes les uns après les autres.
Grâce aux conseils d’un psychiatre qui me reçoit téléphoniquement immédiatement, un midi je demande à Fleur d’aller à l’hôpital.
Elle me répond : «  j’irai demain  » et je la remercie de me soulager de ma peine à la voir comme ça.
Elle répète qu’elle promet, qu’elle ira, par contre il lui faut un peu de temps pour s’habituer.Nous parlons tout doucement, j’explique comment les médecins vont l’accueillir. Enfon, pas trop longtemps et surtout, je reste imperturbable de confiance.

Le téléphone reste allumé une quatrième nuit et le lendemain, j’ai un petit sms qui tombe en matinée (vers 11 h) : je suis à l’hôpital. L’interne m’a fait mettre une blouse ouverte dans le dos et j’attends. Ca va être long.

Je n’ai pas appelé Fleur le matin pour lui redire sa décision. Notre contrat de confiance a été total.

Fleur est avec nous.
 

A 1 : 14,Fleur témoigne et nous l’accompagnons.



A 3 : 04 Le BO. sur France Bleu Haute-Normandie

 
 
 
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Cette expérience résumée est celle de Fleur mais il n’est pas question de penser que tout le monde «  fonctione  » de la même façon.

J’ai réalisé des sauvetages assez musclés car ils ne pouvaient passer que par une «  bonne enguelade  », bien stressante, bien accusatrice alors que, vous ne faites que passer.

Ils sont comme ça les épuisés. Surprenants et assez diversifiés dans leurs méthodes d’enferment lié à leur fatigue si monstrueuse à supporter.

Les accompagner ne s’inventent pas mais les repérer pour les guider vers des soins est l’affaire des plus forts qu’il faut venir chercher.