La médecine du travail et ses médecins

La médecine du travail et ses médecins

Définition que l’on doit à Christian CROUZET :

  • C’est par la loi du 11 oct 1946 que la Médecine du Travail est devenue obligatoire, en France, pour toutes les entreprises privées, puis, plus tard pour les autres types d’activités… Selon la règlementation elle est organisée par les entreprises avec un cadre règlementaire précis (commission de contrôle avec les partenaires sociaux, agrément par la DIRECCTE …)
  • Depuis l’origine, le législateur a voulu que ce ne soit ni une médecine de soins ni une médecine de contrôle. La médecine du travail est une médecine exclusivement préventive qui a pour objet d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail.
  • Pour aider les médecins du travail dans leur mission, les services de santé au travail disposent d’IPRP (Intervenants en Prévention des Risques Professionnels) dont la complémentarité des compétences permet d’optimiser l’aide à l’évaluation des risques professionnels et à l’amélioration les conditions de travail.

AJOUTONS :

Le médecin du travail a pour rôle le conseil, autant envers le salarié que l’employeur. Il pratique une santé de prévention et propose des solutions à sa portée pour orienter les parties vers une ou des solutions de protection du salarié en matière de santé mentale et physique. Il préconise et valide la reprise ou non d’une activité, son arrêt également.

Son rôle, complexe dans les périodes de crises, est de permettre une bonne évolution de la santé au travail.

On lui prête d’être souvent du « côté de l’employeur », ce qui est une situation dont on ne débat pas ici. Cet article développe la fonction et non, ses méthodes d’applications.

La diversité des pathologies du travail et les limites des référencements des maladies professionnelles sont également une contrainte du métier et le nombre de médecins du travail a particulièrement chuté depuis 10 ans. Les infirmiers du travail prennent le relais auprès des salariés dont la santé est déterminée sans risque particulier.

A tout moment, un employeur ou un salarié peuvent demander l’intervention d’un médecin du travail. Celui-ci est soumis au secret médical.

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La visite annuelle ou lors d’une nouvelle embauche (hors crise sanitaire) :

  • En CDI ou en CDD, en apprentissage ou en intérim, le salarié est convoqué par la médecine du travail via la demande de son employeur. Cette visite est à caractère obligatoire.
  • Elle s’effectue dans les trois premiers mois de l’embauche, la plupart du temps et pour les intérimaires, la société d’Intérim doit démontrer que le salarié a été vu par un médecin du travail.

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La visite en elle-même :

  • Le médecin du travail pose des questions sur l’état de santé du salarié afin de l’installer dans la prévention des risques liés à l’emploi qu’il exerce, à sa santé initiale ou à son âge, etc.
  • Un examen clinique est mis en place, il concerne les principales actions connues comme la prise de poids, la pression artérielle, la vérification de la vue, etc.
  • Un petit interrogatoire a lieu afin de situer le salarié dans son contexte professionnel et personnel. Les conditions de transport et les conditions de vie faisant partie du dépistage d’un éventuel mal-être ou plus du patient.
  • A titre d’exemple, aux alentours de 45-50 ans, les salariés sont plus assidûment surveillés sur leur cholestérol, leur albumine ou sur leur vue.
  • Le médecin du travail a pour objectif de comprendre si le poste attribué est bien en rapport avec les capacités mentales et physiques du salarié, non pas pour le sanctionner mais bien pour l’empécher de détériorer encore plus sa santé.
  • Il est important de rappeler que l’employeur à un devoir de protection de ses salariés.
  • Le même médecin du travail a un rôle consultatif et actif. Il peut poser un interdit d’exercer et il peut recommander des soins mais il ne ne fera pas seul.
  • Il préconise souvent la prise en charge de sa santé au salarié qu’il suivra tous les CINQ ans si sa santé est bonne et tous les TROIS ans, au minimum, pour les salariés dont la santé est un peu plus en difficulté.
  • Prenons un exemple : un jeune homme de 15 ans souhaite intégrer une équipe de gruttiers et pour cela, il doit avoir une forme physique sportive et une accuité visuelle parfaite.
  • Le médecin du travail devra définir si le jeune homme peut exercer immédiatement ou encore attendre quelques mois ou années, le temps que son ossature soit totalement adulte et aussi l’examen des yeux sera déterminant pour la suite du parcours professionnel dans cette branche.
  • Autre exemple connu : le salarié qui est entré en boulangerie très jeune et qui, au bout d’une dizaine d’années, devient totalement inapte à exercer car les farines lui deviennent nocives, le médecin du travail aura pour devoir de le déclarer en maladie professionnelle et de solliciter son reclassement pour une autre activité auprès de son employeur ou le médecin contribuera à sa mise en inaptitude professionnelle pour la tâche et métier précis de boulanger, ainsi que tous les métiers obligeant le salarié à manipuler de la farine.
  • Le médecin du travail peut proposer des soins en indiquant des spécialistes à consulter ou le retour vers le médecin traitant.
  • Il peut indiquer des aménagements de poste pour améliorer le contexte d’exercice et éviter une dégradation supplémentaire de la santé du salarié.
  • Sa mission de conseil l’amène à proposer, auprès des employeurs, l’intervention éventuelle d’une équipe de santé regroupant des infirmiers, des psychologues du travail, des assistantes sociales et autres, pour accompagner l’entreprise dans sa démarche de protection des salariés.
  • Rien n’est imposé aux employeurs mais ils sont en devoir de pratiquer des aménagements pour instituer des cadences, des conditions optimales aux employés. Ceux-ci disposent de recours.

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  • Le rôle du médecin du travail est préventif et donc, il ne prescrira pas d’arrêts de travail.
  • Il peut, par contre, rédiger un certificat avec ou sans restrictions partielles, temporaires ou définitives, qu’il remet au salarié.
  • Lors d’une inaptitude provisoire ou définitive au poste de travail, le salarié doit consulter son médecin traitant qui délivrera un arrêt de travail et une ordonnance de soin.
  • Des dispositions exceptionnelles sont prises dans le cadre d’une infection à la Covid-19 et il faut se rapprocher de la médecine du travail dans ce contexte.

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La visite de reprise

  • Obligatoire après une maternité, une maladie ou un accident du travail, après un arrêt de travail d’au moins 30 jours, l’employeur sollicitera une visite de reprise auprès de la médecine du travail.
  • Seul le médecin du travail peut donner son avis sur l’aptitude ou non à la reprise du poste par le salarié. Le médecin traitant n’a pas cette fonction.

Sylvie Michèle BRIERE, fondatrice

Autres documentations :

http://christian.crouzet.pagesperso-orange.fr/smpmp/html-SMT/Entr_pourquoi.html