1er Prix Mondial de Telemedecine 2019

Premier Grand Prix Mondial de Télémédecine

En 1997, l’OMS définissait la Télémédecine comme : « La partie de la médecine qui utilise la transmission par télécommunication d’informations médicales (images, comptes-rendus, enregistrements, etc.), en vue d’obtenir à distance un diagnostic, un avis spécialisé, une surveillance continue d’un malade, une décision thérapeutique. »

Ce Grand Prix vient marquer une étape clé, celle du déploiement de la Télémédecine et de l’importance croissante qu’elle occupe dans le débat public après son entrée dans le Droit Commun, son intégration aux conventions médicales et pharmaceutiques et le remboursement de la Téléconsultation et de la Télé-expertise par l’Assurance Maladie.

Ghislaine Alajouanine, Présidente de l’Académie Francophone de Télémédecine et de eSanté déclare :

« Ce premier Grand Prix Mondial de Télémédecine et l’implication à nos côtés de l’Académie Nationale de Médecine, constituent un moment historique pour tous. Cela résonne d’une manière si symbolique pour nous, pionniers de la télémédecine, qui œuvrons depuis 30 ans pour son développement.

Les chiffres du Conseil de l’Ordre des Médecins témoignent de l’urgence  : 8 millions de Français sont concernés par les déserts médicaux. Notre pays compte 192 zones en danger, soit 11 300 communes concernées. La situation est dramatique  : beaucoup de Français n’ont pas d’autre choix que celui de renoncer à se soigner.


La Télémédecine est une réponse, même si elle n’est pas la panacée. Mise en pratique dans d’autres pays, elle a largement fait ses preuves. La technologie nous l’avons, ce qui nous manque, c’est une volonté politique forte et des moyens associés.
 »

  • la lettre ouverte au Président de la République : « Zéro Déserts Médicaux »

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Lettre ouverte au Président de la République pour un Grand Chantier « Zéro Déserts Médicaux ! »

Monsieur le Président,


Notre France souffre de ses Déserts Médicaux, la situation est alarmante : d’après le Conseil de l’Ordre des Médecins près de 8 millions de personnes sont touchées, 11 300 communes sont concernées et on dénombre 192 zones en danger. Nous ne sommes plus égaux dans l’accès aux soins ! Deux Français sur trois (63%) ont déjà dû reporter ou renoncer à des soins, pour des raisons financières ou faute de médecin disponible ! Ce renoncement aux soins n’est évidemment pas sans conséquences. Au-delà de l’impact sur la qualité de vie (sentiment d’anxiété pour 43% des Français d’après l’enquête de France Assos Santé de Novembre 2019) il entraine une aggravation des symptômes dans 1 cas sur 3 et aboutissent à une prise en charge urgente dans 12% des cas (complications, hospitalisations…) Le nombre de professionnels de santé diminue, on constate donc un accès aux soins de plus en plus difficile et inégal, en particulier dans les petites communes (je suis de la Creuse !) qui souvent ne disposent pas de médecins à proximité. Nos concitoyens se voient donc confrontés à des délais d’attente importants et à des prises en charge laborieuses auxquelles il est urgent de remédier.

Il est insupportable, honteux ! que dans un pays développé (6e puissance mondiale) des millions de personnes ne puissent avoir une réponse en moins d’une heure à cette question angoissante « Mais qu’est-ce-que j’ai ? » et avoir une prise en charge même dans les endroits les plus isolés.
Votre gouvernement a pris des mesures qui vont dans le bon sens mais il évalue mal la gravité et l’attente légitime des malades et n’apporte pas d’action concrète d’ampleur, de solutions adaptées à nos territoires dramatiquement touchés pour certains.

Je sais il faut du temps « on ne tire pas sur les fleurs pour les faire pousser ! » Mais il existe des solutions comme le développement de la Télémédecine qui peuvent apporter rapidement une réponse à ce problème, sous réserve d’y mettre les moyens ! Laisserions-nous un empoisonné mourir à petit feu quand on détient l’antipoison ? Et la réponse n’est pas dans un énième rapport : on en dénombre déjà 38 !

Mieux que des propositions sur le papier, la Télémédecine peut être la réponse aux déserts médicaux et à la difficulté d’accès aux soins. Mise en pratique dans d’autres pays, c’est une solution qui a d’ores et déjà fait ses preuves et qui n’est aucunement limitée d’un point de vue technologique mais qui l’est politiquement. L’efficacité de la télémédecine n’est plus à démontrer : cela marche ! Dans certains pays, elle est banalisée et permet de réaliser des économies substantielles. Je l’ai expérimentée et mise en pratique depuis près de 20 ans avec bien d’autres pionniers de la première heure que nous retrouvons comme Membres Fondateurs de l’Académie Francophone de Télémédecine et e-Santé.

C’est une véritable démocratie sanitaire de proximité que nos citoyens réclament, cela doit être un enjeu National !

La Télémédecine à grande échelle, permettrait non seulement de garantir aux Français une prise en charge rapide et simplifiée mais aussi un accès aux soins équitable, partout dans l’hexagone tout en « désengorgeant » les Urgences. La Télémédecine viendrait en renfort des Maisons de santé connectées, MSP…) et aussi de solutions de médecine itinérante ; (Mobilhomecare)
(A noter : pour cela il faut supprimer l’article 74 code de santé Publique : Médecine Foraine interdite ?).

La Télésurveillance, si elle était largement développée, plus simple et accessible pour les patients, serait par ailleurs un outil permettant d’assurer le « Homecare », utile dans certaines situations telles que le retour à domicile suite à une opération, le maintien à domicile des seniors qui le plébiscitent (83%) ou encore le suivi des maladies chroniques. Elle limiterait leurs déplacements et ceux des personnels de santé. Si elle est une solution aux déserts médicaux, la Télémédecine s’avère aussi pouvoir résoudre certains problèmes socio-économiques. En effet, on dénombre environ 21 millions de passages aux urgences à un coût moyen estimé à 277 euros par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. Cependant, 30% de ces passages auraient pu être évités grâce à la Télémédecine, ce qui correspondrait à 800 millions d’euros d’économie, sans compter les milliards engloutis dans le coût des transports. Enfin, cela permettrait de décharger les services des urgences ce qui assurerait aussi de meilleures conditions d’accueil.

Monsieur le Président,

Nous rentrons dans une nouvelle ère, celle de l’ère Numérique : de plus, nous assistons à une évolution démographique de grande ampleur qui appelle une adaptabilité au changement, une métamorphose des systèmes de santé pour une véritable « Révolution du soigner » : la Médecine du futur sera en 6 P : Prédictive, Préventive, Participative, Personnalisée, Plurielle, de Proximité (6 P).

Parce que la santé » est le plus grand des biens » comme le disait Pasteur, elle doit passer au premier plan,

Parce que notre système de soins nous concerne tous, c’est l’affaire de tous, hors des clivages politiques !

Monsieur le Président, Lancez, un grand Chantier « Zéro déserts Médicaux » en déployant, en maillant, le territoire à travers un plan quinquennal Haute Sécurité Santé avec une démarche certifiée HS2 (Formation, Compétences…) Répondant à la 3e dimension du développement durable : le Social-Sociétal (Santé-Solidarité-Sécurité) et avec une souscription nationale pour trouver les moyens nécessaires afin de faire face à ce péril.

C’est URGENT : notre devoir est de lancer un APPEL à une Mobilisation Générale Un Plan « Marshall ») pour une grande cause en décrétant que « N’importe quel citoyen, même dans les endroits les plus isolés, aura une réponse, en moins de 20 minutes, à sa question angoissante « Mais qu’est-ce-que j’ai ? » avec une prise en charge digne de ce nom. (Cela va rendre obligatoire le fait d’utiliser les nouvelles technologies quand la réponse diagnostique traditionnelle sera absente ou inadaptée) et ainsi, on verra peu à peu dans nos territoires disparaître les déserts médicaux et la prospérité et le bien-être de nos concitoyens retrouvés. We can ! We must !

(NB : Quand il y a Danger, on ne change pas les institutions, on en monte des parallèles…).
Il s’agirait d’ingénierie intégrative pour la mise en œuvre de ce Grand Chantier : Créons la Force d’Intervention et d’Appui à la Télésanté : FIAT (= FAIRE)

En résumé AGIR ! les solutions sont là …

Quand ? Maintenant ! Au vu de l’urgence, il serait souhaitable de prendre cette résolution en engageant cette démarche rapidement car elle répond aux préoccupations essentielles des Français qui veulent particulièrement un égal accès aux soins, « une Démocratie Sanitaire de Proximité »

Comment : les territoires « déserts médicaux » étant des Zones de Solidarité Prioritaires, ils doivent bénéficier de règles et règlements différents qui leurs seront propres. La technique est au point. Bien qu’innovante, elle fonctionne…les acteurs, personnels soignants, de sécurité, de l’ingénierie…de la Télésanté sont prêts mais, il faut maintenant une volonté politique et il faut transformer l’action en réalisations, pour le plus grand bien de tous

Avec le déploiement de la Télémédecine, en conjuguant notre excellence médicale, notre incomparable capacité d’innovation et une volonté politique forte, cette grande cause devient une ambition qui est à portée de la France.

Aujourd’hui ! et pour les générations futures de DEMAIN ! Nous le pouvons et nous leur devons. We can ! We must !

Ghislaine Alajouanine MC Institut de France, Présidente de l’Académie Francophone de Télémédecine et eSanté _