Chronique agricole, les céréales 2020 ou le blé français

Extrait du Bulletin hebdomadaire n° 1823 du lundi 20 juillet 2020 Agence de Communication Interrégionale de Presse (A.C.I.P.)

Chronique agricole

Récolte 2020 : les blés français en berne par Jérôme Besnard

Par rapport à la récolte 2019, la production de blé tendre française, destinée à l’alimentation du bétail et à la farine boulangère, est annoncée en baisse de 20 % par le service statistique du mi-nistère de l’Agriculture, l’Agreste. Pour ce qui est du blé dur, nécessaire à la fabrication des pâtes sèches, la baisse atteindra 15 %. Voilà la conséquence d’une météorologie capricieuse qui a en-gendré non seulement une baisse des rendements mais aussi une rétractation de la surface culti-vée dans le grand ouest suite aux pluies diluviennes de l’automne dernier qui ont empêché les semis. Le blé tendre est passé d’un rendement de 79,1 quintaux à l’hectare l’an dernier contre 71,1 cette année. Pas de quoi pavoiser donc pour les cultivateurs concernés.

Cette baisse significative s’inscrit de plus dans un contexte de hausse mondiale de la production de blé et donc d’une chute des cours sur le marché international. Moins de blé récolté dans un contexte de chute des prix ? Cela fragilise évidemment les revenus agricoles des céréaliers fran-çais, sachant que notre pays est le premier producteur de l’Union européenne en la matière. Cer-tains agriculteurs avaient parié sur l’orge brassicole pour diversifier leur production céréalière. Mais le confinement sanitaire du printemps a provoqué un effondrement des ventes de bières. Cette crise aura également des conséquences portuaires : Rouen est le premier port céréalier d’Europe et le trafic maritime s’en ressentira.


Association France Prévention proose que l’on fasse confiance aux agriculteurs.

On comprend qu’une vue d’ensemble ne leur soit pas facile à obtenir mais en local élargi, les agriculteurs sont performants sur leur organisation. Ils connaissent les besoins nourriciers (animaux ou humains), ils savent moduler leurs cultures et ils savent où les écouler.

Pour le moment, il n’y a pas eu de grosses ruptures en France car en plus du local, il y a le local élargi. C’est à dire que les professionnels sont souvent solidaires entre eux si, on les laisse agir en bonne entente, pour leur économie saine et pour l’activité nationale nourricière.

Les syndicats et l’État restant dans leurs fonctions.

Sylvie Michèle BRIERE, présidente le 10 août 2020.