L’Eau

L’Eau (Poésie)   

La Source limpide court sur les roches avides de caresses.

 Bel arbre arrosé de gouttes célestes, tes grands bras échevelés s’épanouissent sur la tête des champignons moussus et velus.

 Goulûment avalée à chaque lampée, fraîche ou chaude, l’indispensable élément humecte tous les sourires.

 Ondée douchante ou orage éclaboussant, la fougueuse humidificatrice arrose inlassablement depuis des siècles.

 L’eau lavante de tous maux, translucide et inodore se fait tantôt porteuse de sucre, tantôt de sel. Tous deux se mélangent et se fondent jusqu’à saturation.

 Eaux chargées de larmes déferlantes, sa séduction s’acharne sur de beaux yeux éplorés d’amour et de joie.

 Grands espaces écumants, tes histoires de grands fonds imprévisibles se ressassent.

 Sécheresse imparable de l’été, tout renaît à la pluie.

 Eau fluide ou boueuse, glacée ou bouillonnante, mouvementée ou figée, un fin filet se faufile ou s’éclate en une grande flaque.

 Eau bénite et bénie, tes secrets de transmission sacrée guérissent dans le silence de la circonspection.

 Eau changeante devient du vin ; eau surprenante se commue en sang.

 Mirage d’un désert s’esclaffe de la soif. Le mariage avec le feu brûle, dessèche et entraîne la fuite vers les cieux.

 Nuage léger court vers l’amour de la Terre pour l’humidifier dans quelques jours.

 Eau diffuse se mélange à l’Air alourdi par Elle, vilaine vilaine compère qui taquine et retarde le Vent coquin.

 Grands fleuves ou toutes petites rivières, Elle se faufile à bruits réduits ou par vastes inondations. Elle connaît tous les secrets pour les avoir entendus et drainés. Ses transports sont chargés de grandes connaissances ou de clapotis tendres et discrets.

 Séduisante par ses éclaboussements, effrayante par sa boue lourde et noyante, chaque parcelle de vie lui est reliée…

 

Sylvie BRIERE

Extrait de « Lumière sur la vie » page 53 à 54, L’Eau. La Pensée Universelle.