L’édito de vos belles expériences - Société 01.07.26

La vie dite ordinaire.

Marinette

Je fais mes efforts pour me lever, je suis une couche-tard. Il me faut aller au travail et sortir de mon lit, de ma maison. J’aime ma maison, elle est tout le temps en bazar.

Je dois me lever ! Allez ! Me voici devant un café express et un truc à manger… Je me force… Pas envie de manger…

Je me dis : « allez ! Pousse-toi ma petite Marinette ! »

Je pointe le nez dehors et hop ! La voiture va me conduire jusqu’au boulot. Le moteur tousse un peu et l’affaire est faite. Je me sens comme dans une espèce de nuage, une ouate, je dors encore un peu. Heureux, il n’y a personne sur la route, il fait beau et déjà chaud. J’aime la chaleur, elle m’enveloppe quand je n’ai pas de courage.

J’arrive au bout de 20 minutes sur mon travail, je salue un premier collègue puis un deuxième, un troisième et je me dis qu’en réalité j’ai une deuxième maison. Elle me secoue les puces, elle m’oblige, elle n’est pas en bordel de mal rangement, elle fait du bruit, elle parle toute la journée, elle exige mais elle me permet de voir du monde, de gagner ma vie, d’avoir des potes, d’apprendre, de recevoir un salaire…

Mon métier ne me plaisait pas au départ et pourtant, j’ai appris. Évidemment, il y a plein de trucs qui… Et pourtant, je deviens sage grâce à ce que je comprends maintenant, J’aurai voulu être et je suis autre chose… Dans la vie, mes parents m’ont toujours dit « on ne fait pas ce que l’on veut alors on s’adapte ». Mon adaptation à moi, c’est de vivre avec plein de gens que je ne connais pas et quelques uns que je connais, que j’aime dormir le matin mais je me lève pour que l’endroit où je vis ne soit pas hors sol comme on dit.

Je ne veux pas être dans mon petit monde mais je m’évertue à ce que le Grand Monde ne soit pas trop injuste ou écrasant. Ce n’est pas facile et j’ai mon copain qui me raconte plein de trucs pour m’aider. Et surtout, on s’aime alors parfois on rigole et parfois on se fait une peu la guerre mais chaque fois on se regarde et on se dit : « on s’est trouvé un bonheur ».

Franck

Quand j’étais enfant, il y a longtemps, j’habitais avec mes parents et mes sœurs dans un logement très ancien. Il y faisait chaud l’été et très froid l’hiver. Les murs étaient épais, les pièces se découpaient en irrégularité et le couloir n’en n’était pas un. La cuisine et la salle d’eau n’avait pas d’aération et l’un donnait sur l’autre. On passait par la cuisine pour aller aux toilettes ou prendre une douche. Cette dernière avait été ajoutée au logement.

On y vivait heureux mais un peu à l’étroit donc mes parents décidèrent de déménager. Ils trouvèrent un super grand logement avec un couloir fait spécialement pour les glissades des enfants et une chambre pour chacun.
On allait à la boulangerie et à l’école à pieds, protégé par les allées intérieures à la résidence et on jouait avec les copains sans bruit. Nos mères nous rappelaient à l’ordre lors des disputes et on devait rentrer à la maison illico. A l’école pas question de mettre les pieds sur la table ou de crier et on écoutait même si nos yeux se fermaient.

Est-ce qu’il nous manquait quelques choses ? Non, on avait les copains et le marchand de glaces :)

Marc

Quand je suis allé à la banque avec mon premier salaire sur le chèque que j’avais dans les mains, j’ai marché de chez mon employeur jusqu’à la banque. Il faisait un temps de chien, ce jour-là et j’allais le plus vite possible. Devant la banque, j’ai réfléchi un peu en me demandant ce que j’allais pouvoir dire à la personne derrière le guichet. Comme le vent soufflait en me glaçant le dos, je finis par me décider à rentrer. Une dame et un monsieur avaient la tête baissée derrière leur comptoir et je fis la queue. Il y avait du monde, je me languissais d’un pied sur l’autre et mon tour vint enfin.

« Que puis-je pour vous, jeune homme ? » me fit le monsieur. « je viens pour ouvrir un compte, s’il vous plait »

Le monsieur fit plusieurs gestes, il remplit des papiers, me prit ma carte d’identité, mon attestation de domicile puis il me fit signer en m’expliquant que j’aurais un chéquier sous peu en venant le chercher sans oublier ma pièce d’identité. Pour le chèque, il écrivit plusieurs notes au dos et il m’expliqua comment procéder la prochaine fois. Il me dit aussi que je recevrai des relevés de comptes par courrier. Que je devais faire attention à mes dépenses et qu’il était possible de venir à la banque pour consulter les opérations que je réalisais.

Pas de consultation en ligne ou au téléphone, pas de cartes bancaires, pas de virements instantanés… Mais des frais de commission en cas de découvert et surtout, un passage obligé devant le banquier dans ce cas comme, pour toutes opérations.

Après un temps de réponse assez long, je fus informé par courrier postal, de l’ouverture définitive de mon compte courant bancaire et je me sentis fier d’être un nouvel usager de ce lieu prestigieux.

Pour payer mes courses, je pris un peu d’argent liquide au guichet de la banque et mon loyer fut honoré par un chèque que je mis un peu de temps à remplir. Il ne fallait pas se tromper.

Me voici à mes 60 ans de partenariat avec les banques françaises, j’ai fait mes courses, mes achats de voitures et de maisons, j’ai envoyé de l’argent à mes parents, je me suis marié, j’ai gâté mes petits-enfants, j’ai encaissé mes salaires puis ma retraite… J’ai voyagé et fais des dons à des associations, j’ai payé mes impôts, j’ai perdu mon chéquier puis adopté les cartes bancaires et les sms pour un envoi instantané.

Voilà.

Hortense

Je me souviens parfaitement de ma jeunesse et des adultes envers elle. Trop jeune, pas assez et surtout, considérée comme dangereuse.

Puis j’ai choisi un mari et là mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs… Enfin voilà !

Puis je fus mère. Alors-là, tant que j’écoutais tout le monde en disant que ce tout le monde en savait plus que moi, pas de problème.

Puis je fus cheffe de service. Alors là ! le patron, le N-1 et les N++ enfin la bonne ambiance pas de souci pour la routine.

Puis je fus une maman avec des enfants ados… Alors-là ! J’ai rangé les chaussettes et j’ai cherché les planques de toutes sortes, j’ai couru tous les rdv…

Puis je fus grand-mère et j’étais une nounou en toutes occasions mais « il ne fallait pas se mêler de… »

Puis je fus une vieille qui partait à la retraite et on m’a dit que… Que je n’avais rien compris à la vie, que je n’étais plus bonne à rien, que je n’avais plus l’âge et que les confitures et les tartes, c’était très bien pour un dimanche par mois.

Au fond, on décide quoi dans sa vie ?
On décide que c’est comme çà et qu’en soi, on trouve tout pour être heureux avec ce que l’on a.

Quand la vie, c’est vous qui dites !!

Je me lève avant tout le monde et je prépare MON café que je bois toute SEULE ! Dans le même temps, je balaie le sol avec énergie car je n’aime pas du tout sentir les trucs sous mes pieds !

Zou

Je pose ma tasse tout près du PC et je commence à fouiller par-ci, par-là sur l’ordinateur.
Toujours le silence dans la maison. Normal puisqu’il est 5 h 00 depuis peu.

Dès que le jour est levé à son tour, je sors pour revenir à l’heure du réveil de la maisonnée…

C’est mon secret, ils ne connaissent pas mon secret, sans quoi tout le monde serait au rendez-vous à 5h 00 !

Une maman

Voilà que Bébé se manifeste et l’heure de sa naissance est arrivée. Son papa et moi sommes à l’hôpital et la prise en charge s’effectue rapidement.

La sage-femme constate que Bébé se présente par le siège. On attend un peu pour tenter le grand retourné mais rien ne vient.

En quelques minutes, l’équipe explique qu’une césarienne devient inévitable. Chacun y va d’une explication, je comprends malgré la rapidité de l’évènement, bien que je ne verrai pas Bébé naître, que la naissance sera douce pour nous deux et surtout, sans risque.

Quelques heures plus tard, Bébé, son papa et moi sommes dans une chambre réservée aux naissances. Mon mari prend la relève du biberon, je dors quand je suis fatiguée. Et inversement. Je n’ai pas vraiment de douleurs, je récupère super rapidement, Bébé est en forme, l’idéal quoi !

Bébé progresse tranquillement et dort bien. On est ravi.

Je reprends le travail, l’esprit tranquille et plein de bons souvenirs de ce moment exceptionnel.

Julien

Il y a un mois, je travaillais comme d’habitude.

J’avais dis à mon collègue : " ne te sers pas de cette machine, elle est défectueuse’.

Comme je le connais, je suis revenu sur son poste et il avait les deux mains en cours de se faire manger. J’ai paniqué dans ma tête, quelques secondes. Il y a un truc qui se passe à ce moment-là ! Comme une impression d’une forte pression lumineuse sur son cerveau…

J’ai appuyé sur le bouton STOP !

Évidemment en colère contre mon collègue mais j’ai gardé le silence. Il m’a regardé et a dit : « Excuse-moi ».

Il faut être con à extrême pour comprendre. C’est un gros problème.

Adeline

A cette heure, j’ai enfin terminé ma journée. Les enfants dorment et je n’ai pas soufflé ce jour. Il me manque plein de choses et pourtant, je vais m’endormir avec ce que j’ai.

Anaïs

Je me lance !

J’ai 16 ans tout juste et je cherche un petit boulot durant les vacances d’été pour « payer mes études » et ensuite, « gagner ma vie ».

Je vais sortir de ma maison, quitter mes frères et sœurs, mes parents.

Les annonces sont d’un peu partout et je ne sais plus où aller. Je téléphone, j’envoie mon CV, j’attends. Il ne se passe rien.

Ma mère me dit : « demande à ton père, son patron prend des jeunes en été ».

Moi, je ne veux pas. Je n’ai pas besoin de mon père, je vais y arriver.

Au final, je suis entrée pour un job d’été, chez mon papa, je n’ai pas gagner l’intégralité de ma vie, ni l’argent de mes études… Juste un peu et j’ai du me lever le matin, tôt. M’habiller comme il faut, manger à heures fixes, rester calme et parler aux adultes.

Florence

L’année dernière, je suis allée en vacances J’avais besoin de me couper du quotidien, de mon logement trop petit, du bruit de la rue, des pollutions de l’air…

J’ai choisi la montagne que je ne connaissais pas et en arrivant, le dépaysement m’attendait.

Je me suis reposée, j’ai écris, lu, nagé, mangé des trucs trop bons, téléphoné à des amis oubliés. La détente totale.

En revenant chez moi, j’ai relevé mes manches et l’appart. a subi le plus grand ménage de sa vie. Le petit-déjeuner a été rétabli, les cigarettes mises de côté, j’ai pris rendez-vous avec le Doc pour faire un bilan, le coiffeur a revu mes cheveux et la boutique de fringues a été dévalisée pour l’hiver.

Je retournerai en vacances car c’est bien mieux que le Doliprane !

François

Ce matin, je remplace mon fils et ma belle-fille mais aussi le centre aéré.

Les deux petits sont arrivés en fanfare et j’ai tout de suite bien compris que le calme de ma retraite va être franchement bousculé.

🤣 Et j’aime çà !! 🥰

Paul

En 1978, j’étais jeune et pas forcement beau.

J’étais pris entre mes parents, le travail et le manque d’argent.

Sur le Boul’Mich’, il y avait les joueurs de musiques étranges et il circulait du haschich, du bon, celui du Maroc. Bien costaud et pas coupé comme on disait à l’époque.

Alors pour faire simple, j’ai commencé à en fumer puis à en vendre puis à en faire vendre. J’ai eu de la tune, de la vraie dans la poche.

J’ai eu de l’influence envers mes potes et les autres.

Je suis devenu ce qu’on appelait un « caïd ».

Tout roulait et je pouvais me dire que j’avais l’avenir devant moi entre le reggae, les joins et mes clients. J’ai commencé à avoir des idées noires, à me battre, à en vouloir plus. On m’a dit que c’était les joins qui faisaient çà.

J’ai maigri et les filles m’ont dit que je ne leur plaisais pas.

Je me suis enfermé sur moi-même, j’ai tapé mes potes et j’ai volé ma mère !

Au final, j’en ai eu marre de mes dérives et j’ai pris les médocs. J’ai mélangé avec l’alcool et le haschich. Je me suis réveillé à l’hôpital.

J’ai pleuré des heures durant.

J’ai cherché comment j’allais pouvoir échapper à mes responsabilités. Et on m’a dit : « viens, on va parler avec les autres ».

Comme leurs expériences étaient encore pire que la mienne, depuis ce jour j’ai fermement décidé que je ne me suiciderai pas.

C’est mon expérience et je suis papy.

Oui ! Papy !

Janine

Trop pratique les lignes d’électricité et de téléphone enterrées.

Normalement, les coupures seront rares et les lignes peu dégradées.

Un sacré chantier !

Anonyme

J’étais addict aux jeux, tous les jeux ou presque.

Je ne mangeais plus, ma femme est partie, mes enfants ne me voyaient plus et j’étais sans argent, sans logement.

Un ami m’a recueilli et il m’a dit si tu joues encore une seule fois, je te sors de ma maison. J’ai promis de suivre des soins et au final, je suis guéri totalement.

Ma situation était pourtant désespérée.

J’ai beaucoup souffert mais pas autant que ma famille que j’ai perdu.

Jonathan

Quelqu’un m’a volé et comme il est voleur, il s’est barré en courant. J’ai ressenti une blessure intérieure. Je me suis demandé ce qui pouvait faire penser à ce mec, qu’il avait le droit de me voler.

J’ai perdu mes biens et j’ai gagné tout le parcours juridique.

J’ai du faire beaucoup d’efforts, expliquer beaucoup, rencontrer des gens que je ne connaissais pas avant. Mais celui qui a volé l’autre, n’est pas moi.

Le voleur a développé sa vie dans le mensonge, l’envie et la méchanceté.

Adèle

Il faut que je le dise !

On dit que je suis une bénévole qui veut préserver sa vie privée et qui ne donne pas tout ce qu’elle peut ! Je ne comprends pas de quoi on parle.

Veut-on que j’arrête et que je reste dans ma vie uniquement privée ?

Car mon bénévolat ne donne pas d’argent mais bien un service et, Sarko quand il faisait ses discours à 100 000€ pour 15 mn, personne ne trouvait çà bizarre. Il avait été Président.

OK

Petite idée au passage, dans un pays, il n’y a qu’un Président.

Les autres, surtout les personnes en handicap, font ce qu’ils peuvent.

Ne décourageons pas le courage, le Pays souffrirait encore plus.

France Prévention la Suite

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