La PEUR

PEUR

 

La peur de la peur, nous en sommes tout de même souvent à ce stade !

Le Monde sort à peine de son enfance et entre dans le parcours positif ou négatif (avec toutes les nuances intermédiaires) de l’adolescence.

 Quel est ce niveau de conscience ? C’est simple et compliqué dans le même jet. L’identification volontaire des peurs ou Grandes Terreurs de l’Humanité et de la condition humaine, a été établie progressivement depuis, sans doute le moyen-âge. Pas à pas, les peurs ont été repoussées, parfois l’une a remplacé l’autre et à ce jour, elles n’ont pas encore toutes disparue.

 On suppose, que tant que la vie sera, la peur qui l’accompagne ne disparaîtra pas entièrement. Normal la peur est comme la douleur, elles sont l’une et l’autre des signaux d’alarmes assurant la vie, parfois la survie. Notre sérénité relative actuelle vient en ligne directe avec cette reconnaissance d’un engrenage dans lequel l’Humanité était entrée d’instinct.

 La peur, l’anticipation ou l’extrapolation de fléaux internes et externes se modulent de mieux en mieux et trouvent des palliatifs de moins en moins guerriers. Il ne s’agit pas d’une nouvelle sédentarisation, mais juste d’un contournement par la « sublimation ». Celle qui consiste à cultiver un jardin, l’autre qui évacue dans le goût de l’effort sportif ou encore celle qui consiste à lire tout simplement des histoires aux enfants avant qu’ils ne s’endorment. Des exemples comme celui de se filmer, se photographier, s’écrire (entre eux ou pour eux), s’analyser et se soigner sont des actes humanistes mais aussi des luttes contre la peur.

 Le jardin pour les yeux, la beauté et la vie, le sport pour le dépassement mais aussi l’affrontement de celui-ci, les petites histoires du soir pour évacuer le stress de l’endormissement et des rêves encombrants, les films, photographies et écritures sont de toute évidence des partages intimes, des dépassements pour certains mais aussi une fixation de quelque chose de profond qui se nomme le souvenir en relation avec les références, les preuves, la mémoire et les attachements qui permettent de vivre le présent (surtout lorsqu’il est difficile) et d’envisager le futur (encore plus en fin de vie). Individuellement et collectivement, notre histoire et l’histoire empêchent un éternel recommencement et libèrent les peurs ou les justifient.

De toute évidence, l’ensemble vu de loin comme de près n’est pas parfait mais il se rapproche vertigineusement d’un plus, d’un mieux, d’un encore !

L’idée majeure qui reste en suspens est de savoir, avec les avancées qui sont lancées comme des apprentissages de « savants fous », sans mesure, analyse ou mieux, maîtrise* pour certaines, si l’Humanité ne va pas vivre collectivement une PEUR ULTIME, qui consiste à penser à sa destruction massive et définitive, un peu genre « extinction des dinosaures »….

L’humain est un grand enfant jusqu’à son dernier souffle et il exorcise sa peur de la mort par la narration de belles ou drôles d’histoires….

 

* Le laboratoire vivant de la création terrestre ne permet pas encore de réaliser les nouvelles expériences en dehors de son champ. Marie Curie, Sigmund Freud ou, beaucoup plus avant, les premiers Pierre à Feu, par exemples, ont fait leurs expériences dans un laboratoire humanitaire sans avoir la notion absolue des réponses de celle-ci. La raison veut que des précautions soient prises mais elles n’atteindront jamais un degré zéro risque.

Sylvie BRIERE