Qu’est-ce qu’une scarification ?
Centre National de Ressources Lexicales
Petite incision faite sur la peau ou les muqueuses à l’aide de divers instruments (bistouri, lancette, scarificateur, vaccinostyle) pour produire un écoulement de sang ou de sérosité, pratiquer une vaccination, une cuti-réaction ou pour introduire dans l’épiderme certains produits médicamenteux ; opération qui consiste à pratiquer de telles incisions. Fin de citation.
La scarification est un acte pratiqué en agriculture pour faire une bouture ou pratiquer un écoulement de sève, par exemples.
On peut scarifier un humain, dans des peuplades tribales, afin de marquer l’appartenance.
Est-ce une pratique normale ou pas ?
Si l’on prend les peuplades pratiquant cette forme de marquage, en tant qu’Européen, nous sommes septiques sur l’utilité de ce passage. Pourtant, l’acte est traditionnel et il marque le lien entre les individus d’un même clan.
Quand la scarification devient-elle le reflet d’un déséquilibre ?
Maria Hejnar Psychologues Paris 7
Les personnes qui s’auto mutilent peuvent avoir l’impression que cela les aide à libérer des émotions refoulées d’anxiété, de colère ou de tristesse. Mais ce procédé de régulation de l’affect dysphorique n’est guère efficace et les émotions brutes, auxquelles vont s’ajouter la culpabilité et la honte, continueront d’être présentes. De plus, l’automutilation peut être dangereuse en soi, même si l’individu n’a pas envie de se causer des dommages importants ou durables.
Les racines des comportements de scarification se trouvent souvent dans les traumatismes de la petite enfance, y compris les abus physiques, les violences verbales ou sexuelles subies. Elle peut être liée aux troubles de la personnalité limite et notamment dans le contexte de difficultés de silence des émotions. Dans certains cas, l’automutilation qui survient soudainement peut être une tentative de reprendre le contrôle après une expérience traumatisante. La douleur physique masque alors la douleur mentale.
Fin de citation
Qui cela concerne-t-il ?
L’adolescent et l’adulte.
Dans le cadre de circonstances plus précises, l’anorexique et/ou le délinquant auraient une tendance à la scarification.
Ils ne sont pas les seuls, on peut remarquer des mutilations (scarifications mutilantes) chez des malades mentaux dont les soins psychiatriques sont impératifs.
Peut-on lier la scarification à la maladie mentale ? Non pas systématiquement.
l’exemple de pratiques culturelles existe et il ne constitue pas un danger mais bien une appartenance à un groupe.
Notre article référence sur l’anorexie : L’anorexie avec un grand A - Santé
Notre rubrique « santé mentale » : La santé et maladies mentales
France Prévention LS en pense quoi ?
L’expérience globale que nous avons de la pratique des scarifications est assez éloignée d’un quotidien courant. Lorsque ce phénomène s’étend, il devient essentiel que les médecins s’emparent du sujet et non les médias.
Pourquoi doit-on tenir les médias à l’écart bien qu’ils puissent jouer un rôle de révélateurs ? La manifestation négative et non culturelle de la scarification relève d’un sujet de société en mal d’elle-même. Accompagner une jeunesse en pertes de confort et de ressentis d’une protection indispensable au développement psychique est une affaire intime et non une exposition publique même si la situation est sociale.
A-t-on dit que l’être humain est facile à comprendre ? Non pas vraiment mais oui aussi.
Il est assez basique sur ses besoins cet être humain : manger, dormir, se laver, se guérir, s’instruire, s’éduquer.
Là où cela devient plus tendu, c’est sur les curseurs et les appréciations du « bien vivre », des traumatismes et du « mal vivre ».
La maltraitance morale et physique influence considérablement les passages à une dérive psychologique qui n’expliquera pas tout, non plus. Certains (voire beaucoup) « maltraités » dans l’enfance ne se dirigent pas sur des actes de mutilations sur lui-même ou sur les autres.
Par contre, l’usage de médicaments, de drogues, d’alcool, de tabac, de substances nocives au corps, voire de productions psychiques comme les jeux vidéos ou autres produits liés aux médias Internet, tout cela n’incite pas à conserver l’équilibre si les pratiques sont addictives.
Et certains êtres humains ont un défaut : ils aiment ce qui leur nuit (nuisible)
Comment allons-nous, nous en sortir ?
- La punition est une option systématique pour les uns, les soins sont un objectif pour les autres.
- Le mieux serait de supprimer ou de réduire, la source des pratiques nocives.
- Le débat commence pour constater les 6000 ans de discussions déjà entamées.
- La récupération politique apparaît comme légitime puisque le législateur doit agir.
- La récupération médicale entérine le médecin a soigné sans jugement puisque c’est la fonction du métier.
- Les parents et les adultes en général pourraient se porter volontaires à soutenir les spécialistes et les compétents mais même de cette façon rassemblée et solidaire, le résultat n’est pas véritablement prévisible.
- On peut supposer qu’il est préférable d’accompagner par le soin et la sanction (car tout n’est pas acceptable loin de là),
- on peut supposer que l’élimination des sources ultra nuisibles est un plus,
- mais il est absolument certain que la grosse gaffe de laisser l’emprise se faire sur les 20 dernières années, il est absolument certain, qu’il y a des responsabilités des dirigeants.
- Si l’on prend la gouvernance d’un village, ville ou pays, on ne laisse pas s’installer le jeu de dupe qu’est « ce n’est pas moi c’est l’autre » et il est coupable.
- La vénalité de l’être humain est certainement le plus grand lien avec le déséquilibre social.
- Se cacher derrière son petit doigt est une responsabilité négative.
- Venir chercher des ennuis à celui qui va tenter des solutions est aussi trop facile !
- Les médecins, les parents et les altruistes n’ont aucune facture à payer sauf s’ils ont été réellement inconstants.
Comment s’en sortir par exemple, si toute une société plébiscite les jeux vidéos et que vous êtes le seul à dire que ce n’est pas si neutre à l’usage ? Ce phénomène n’est pas nouveau !
Souvenir de François Kevin de Paris : je me suis fais incendié comme étant un mauvais parent parce que je limitais l’accès aux ordinateurs et que j’instaurais un couvre-feu… Au final, les réponses ont été que mes enfants se sont manifestés comme étant maltraités !!
La société reposant sur la consommation, le citoyen consomme.
Réfléchissons bien et mieux.
, fondatrice
