La tuberculose & l’OMS

Le CII appuie les lignes directrices révisées de l’OMS sur le traitement de la tuberculose (Communiqué)

Association France Prévention a jugé important de transmettre cet article de santé publique :

Le Conseil international des infirmières (CII) soutient la diffusion, auprès de plus de vingt millions d’infirmières et d’infirmiers, des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant le traitement de la tuberculose pharmacorésistante. Dans une brève communication sur cette question, l’OMS souligne l’importance de recourir à de nouveaux médicaments, moins toxiques. 

« Le CII soutient ces nouvelles recommandations. Il encourage les infirmières qui travaillent dans le domaine de la tuberculose pharmarcorésistante à lire et à appliquer les nouvelles lignes directrices, pour que leurs patients reçoivent de nouveaux médicaments moins toxiques, soient moins exposés aux effets secondaires et puissent être traités avec succès et guéris », indique le Dr Carrie Tudor, Directrice du Projet Tuberculose / TB-MR du CII. « Ces recommandations amélioreront concrètement la situation des personnes atteintes de tuberculose pharmacorésistante, et montrent que nous nous rapprochons d’un traitement sans médicaments injectables. »

Le Département Halte à la tuberculose de l’OMS a créé récemment un groupe de travail chargé de réviser les lignes directrices sur le traitement de la tuberculose pharmacorésistante. Les experts ont passé en revue les résultats et les effets secondaires des médicaments utilisés actuellement, avant d’émettre des recommandations fondées sur les bases factuelles. Les résultats de cet examen ont amené l’OMS à annoncer que les médicaments antituberculeux sont désormais regroupés en trois groupes, dont l’un – composé des fluoroquinolones de dernière génération (lévofloxacine et moxifloxacine) et d’autres médicaments récents (linézolide et bédaquiline) – doit recevoir la priorité. Les médicaments injectables que sont la kanamycine et la capréomycine ne sont plus recommandés en raison d’un risque accru d’échec du traitement et de taux élevés d’événements indésirables, comme la perte auditive permanente.

Le CII félicite l’OMS d’avoir formulé ces recommandations. Le CII reconnaît la nécessité de mettre de nouveaux médicaments à la disposition de tous ceux qui en ont besoin. Il soutient l’introduction et la mise en œuvre des progrès dans les traitements, pour améliorer la qualité de vie des personnes affectées par la tuberculose pharmacorésistante.

Le Dr Isabelle Skinner, Directrice générale du CII, souligne que « les infirmières continuent de jouer un rôle déterminant dans les soins et le traitement des personnes affectées par la tuberculose résistante aux médicaments. Le Projet du CII a formé, dans le monde entier, plus de 2200 infirmières à la prise en charge de la tuberculose et de la tuberculose résistante aux médicaments. Ces infirmières ont formé, à leur tour, 173 000 autres infirmières, auxiliaires de santé et membres de la communauté. »

Le CII a mis au point un aide-mémoire pour aider les infirmières qui travaillent auprès de patients atteints de tuberculose pharmacorésistante à détecter rapidement d’éventuels événements indésirables et à y remédier, afin de minimiser et de soulager l’inconfort ressenti par les patients. Ce document (Nursing Guide for Managing Side Effects to Drug-Resistant TB Treatment) sera bientôt disponible en anglais, en russe et en chinois, la traduction dans d’autres langues étant aussi prévue.

La tuberculose pharmacorésistante demeure un problème majeur de santé publique au niveau mondial. L’OMS estime que, sur les 600 000 personnes diagnostiquées à cette forme de tuberculose en 2016, 240 000 sont aujourd’hui décédées (Rapport sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, 2017). De plus, la tuberculose pharmacorésistante représente près d’un tiers de tous les décès dus à la résistance aux antimicrobiens. D’un traitement difficile et coûteux, la maladie entraîne de nombreux effets indésirables déplaisants ou même graves. Les personnes diagnostiquées sont souvent obligées de suivre, pendant une période allant jusqu’à 24 mois, un traitement toxique basé sur d’anciens médicaments, notamment de six à huit mois d’injections quotidiennes douloureuses.

Les patients sous traitement sont confrontés à de nombreuses difficultés, notamment des effets secondaires pénibles comme les nausées, la perte auditive permanente, les douleurs musculaires et articulaires, la psychose et la fatigue. Tous ces effets nuisent à la qualité de vie du patient ainsi qu’à sa capacité de travailler et de mener ses activités quotidiennes. Des études récentes ont montré que ces effets secondaires sont une des principales raisons pour lesquelles les patients arrêtent prématurément leur traitement – à cet égard, le rapport de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde parle d’une véritable crise : ainsi, en 2014, seuls 54 % des patients ont suivi leur traitement contre la tuberculose résistante aux médicaments jusqu’à son terme et avec succès.

Références : 
Rapport sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, 2017
http://www.who.int/tb/publications/global_report/fr/

Fiche d’information de l’OMS sur la tuberculose multipharmacorésistante
http://www.who.int/tb/challenges/mdr/MDR-RR_TB_factsheet_2017.pdf?ua=1

Le Projet Tuberculose / TB-MR du CII vise à renforcer la capacité de la profession infirmière en matière de prévention, de soin et de traitement de la maladie. Des infirmières expérimentées sont formées pour instruire, à leur tour, leurs collègues infirmières, de même que d’autres agents de santé, à la fourniture aux patients de prestations améliorées. La dimension pratique et centrée sur le patient de notre programme de formation permet aux infirmières de mieux appliquer les politiques et lignes directrices relatives à la tuberculose et à la tuberculose résistante aux médicaments. Le projet fait partie du Partenariat Lilly contre la tuberculose résistante depuis 2005. Les formations sont dispensées dans les pays où la charge de tuberculose / tuberculose multirésistante est forte et où le CII entretient des relations de travail étroites avec l’association nationale d’infirmières. 

| Le Conseil international des infirmières (CII) est une fédération de plus de 130 associations nationales d’infirmières, représentant plusieurs millions d’infirmières dans le monde entier. Géré par des infirmières et à l’avant-garde de la profession au niveau international, le CII plaide pour des soins de qualité pour tous et pour des politiques de santé solides, partout dans le monde.

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Julie Clerget (media chez icn.ch)
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