Le sport, le vieillissement et les personnes âgées. 

Le sport, le vieillissement et les personnes âgées.

Association France Prévention a été sollicitée pour donner une vision sur d’autres angles de l’activité physique des personnes âgées.

Tout d’abord qu’appelons-nous « âgé » ? L’OMS semble déterminer le début du vieil âge à partir de 60 ans. Ce qu’Association France Prévention considère comme tôt pour les pays inclus dans la « vieille Europe » et justifié pour d’autres contrées moins chanceuses en matière de bien-être de vie.

  Association France Prévention va, en premier lieu, laisser la parole à « des plus grands qu’elle » en matière de connaissances sur les pratiques sportives chez les personnes âgées :

Voici, en résumé, ce que l’on trouve sur le site de l’OMS, qui reste une référence absolue en santé mondiale :  

« Activité physique et l’amélioration de la santé OMS

L’activité physique des personnes âgées

Recommandations les personnes âgées de 65 et plus

Pour les personnes âgées de 65 ans ou plus, l’activité physique englobe notamment les loisirs, les déplacements (par exemple la marche ou le vélo), les activités professionnelles, les tâches ménagères, les activités ludiques, les sports ou l’exercice planifié, dans le contexte quotidien, familial ou communautaire.

Afin d’améliorer leur endurance cardio respiratoire, leur état musculaire et osseux, et de réduire le risque de maladies non transmissibles, de dépression et de détérioration de la fonction cognitive :

  • Les personnes âgées devraient pratiquer au moins, au cours de la semaine, 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue.
  • L’activité d’endurance devrait être pratiquée par périodes d’au moins 10 minutes.
  • Pour pouvoir en retirer des bénéfices supplémentaires sur le plan de la santé, les personnes âgées devraient augmenter la durée de leur activité d’endurance d’intensité modérée de façon à atteindre 300 minutes par semaine ou pratiquer 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue.
  • Les personnes âgées dont la mobilité est réduite devraient pratiquer une activité physique visant à améliorer l’équilibre et à prévenir les chutes au moins trois jours par semaine.
  • Des exercices de renforcement musculaire faisant intervenir les principaux groupes musculaires devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine.
  • Lorsque des personnes âgées ne peuvent pratiquer la quantité recommandée d’activité physique en raison de leur état de santé, elles devraient être aussi actives physiquement que leurs capacités et leur état le leur permettent.

Activité physique pour tous

Ces recommandations s’appliquent à tous les adultes en bonne santé de 65 et plus. Elles concernent également les individus de cette classe d’âge souffrant de maladies non transmissibles chroniques. Pour les personnes présentant des problèmes de santé particuliers, comme des maladies cardio-vasculaires et du diabète, il pourra se révéler nécessaire de prendre des précautions supplémentaires et de demander un avis médical avant de chercher à atteindre les niveaux d’activité physique recommandés pour les personnes âgées.

Les personnes âgées peuvent accumuler les 150 minutes d’activité physique recommandées par semaine de différentes manières.

Le concept d’accumulation prévoit d’atteindre l’objectif de 150 minutes d’activité physique hebdomadaire en pratiquant plusieurs activités de plus courte durée – au moins 10 minutes chacune,— réparties sur une semaine, le principe étant ensuite d’additionner le temps consacré à chacune de ces activités, par ex. 30 minutes d’activité d’intensité modérée 5 fois par semaine.

Ces recommandations s’appliquent à toutes les personnes âgées quel que soit leur sexe, race, ethnie ou revenu.

https://www.who.int/dietphysicalactivity/factsheet_olderadults/fr/

Activité physique

On entend par activité physique tout mouvement produit par les muscles squelettiques, responsable d’une augmentation de la dépense énergétique.

La sédentarité (manque d’activité physique) est considérée comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde (6%). On estime par ailleurs qu’elle est la cause principale de 21 à 25% des cancers du sein ou du colon, de 27% des cas de diabète et d’environ 30% des cas de cardiopathie ischémique.

https://www.who.int/dietphysicalactivity/pa/fr/

 

SportARSloire
SportARSloire

 

https://www.pays-de-la-loire.ars.sante.fr/system/files/2018-03/bilan_sport_sante_EHPAD_SSIAD.pdf

 Il est certain, qu’en lisant les préconisations ci-dessus, on puisse se dire que l’on fait toujours quelque chose dans la journée et qu’au fond, il ne devient pas utile de faire un « sport ». De plus deux heures trente ou trois heures d’activités par semaine, cela n’est pas difficile à obtenir, ne serait-ce qu’en faisant un peu de ménage, les courses ou encore en rendant visite à des amis.

Association France Prévention s’est livrée à une observation standard et facile sur les habitudes de vie commune à presque tous les âges. En dehors du travail ou de la scolarité, le réflexe moderne est la sédentarité, qu’elle soit au bureau de l’entreprise, devant son ordinateur ou devant l’écran de télévision ou encore avec un livre ou des jeux de sociétés. L’âge avançant, on perd de plus en plus de relations, d’amis, on n’est plus dans l’énergie des collègues de travail, du renouvellement des connaissances et/ou des amis. Cela pose le sujet de l’entraînement à l’activité et les seniors ont depuis longtemps compris cela puisque certains ont une crainte de la retraite. Donc, l’activité physique positive se rallie souvent à une interaction sociale positive, à une lutte contre l’inertie. C’est généralement très bon pour le moral même si l’on ne rencontre pas que des personnes que l’on affectionne ou que l’éloignement pose un sujet supplémentaire comme celui du trajet.

Le sport ou l’activité physique des seniors se pratiquent aussi dans cette ambiance. La vie active étant achevée, les plus âgés ont besoin de se faire plaisir par des relations aux autres agréables et épanouies autant, sur le plan humain que logistique que par une envie, par de l’appétence à un sport plus qu’à un autre, à une activité plus qu’à une autre. En clair, on ne peut pas faire facilement voyager un (e) senior(e) qui aime rester chez lui et qui bricole souvent dans sa maison, on ne peut pas facilement faire devenir sportif un sédentaire. Il est nécessaire de rendre l’activité attractive avec d’autres moyens que des réductions sur les inscriptions, de jolies tenues ou des promesses de retour à la bonne santé. A un moment, les attractions retombent dans la morosité de l’effort mal intégré comme une valeur. En ayant travaillé de nombreuses années, les seniors ont sans doute besoin de calme et de se sentir sans pression, sans enjeu. Le côté, « c’est pour ton bien » est loin d’être un investissement de long terme.

Ici, tout le monde l’a compris et les citadins n’ont pas les mêmes contrariétés que les ruraux, par exemple. Lorsqu’en hiver, les seniors doivent se rendre à 10 ou 20 km de leur maison pour faire une heure de gymnastique douce en salle, ils seront enclins à rester chez eux avec leur « multitude de petits trucs à finir ». Et ils diront à leur médecin : « vous savez docteur, vous avez totalement raison mais je ne me suis pas senti le courage ». Ces seniors-là sont souvent ceux qui n’ont jamais mis en place une activité sportive durant leur vie active. Ils n’en connaissent pas les bénéfices, ils se disent aussi qu’ils vont bien sans. 

Et pourtant, les seniors luttent contre le vieillissement de leurs musculatures ou masse musculaire, contre le changement de leur métabolisme et tous les régimes alimentaires du monde n’empêcheront pas encore cette transformation.

Les mouvements deviennent plus douloureux car l’arthrose est une réalité que les plus âgés connaissent bien. Pour ne pas laisser la douleur et l’engourdissement s’implanter, pour « rester jeune » rien de mieux que de « faire marcher la machine ».

La marche est vraiment un des moyens le plus économique, le plus agréable pour « voir du monde » et le plus personnalisé qui soit. Par contre, la marche forcée n’est pas conseillée et celle dont le rythme est trop lent n’est pas aussi efficace qu’attendu. Cette marche active préserve de beaucoup de situations. La dextérité des seniors est préservée par elle.

Si l’on voyage un peu, il est facile de constater que les plus âgés sont sur des vélos, à la pétanque, à la piscine, sur des bateaux, aux volants de leur voiture et dans plein d’autres endroits comme le golf, le tennis et dans les bibliothèques et les boîtes à lire… Ils sont aussi à faire leur ménage, leurs courses, dans les musées, à participer à la garde et aux devoirs de leurs petits enfants. Ils sont des piliers associatifs et des orateurs dans les universités. Ils voyagent longtemps et loin… Alors laissons-leur également le sport comme apanage de leur âge !  

Mot de la présidente :

Voilà exactement pourquoi, la durée de vie en France est très encourageante car nos séniors sont des modèles pour les plus jeunes et qu’ils n’hésitent pas à se dépasser pour eux en restant en forme. Tous ceux qui se retrouvent isolés pour multiple raisons ne sont dans leur fauteuil toute la journée mais un peu plus tout de même.

Que les Ehpad soient des lieux de soins, cela est logique mais qu’ils deviennent des lieux de dépendance des personnes âgées, c’est un peu plus complexe pour une Nation modèle et à la pointe de beaucoup de progrès mondiaux.

Comment trouve-t-on le courage et l’envie ? En soi, d’abord. Le handicap ou la maladie ralentissent considérablement et pourtant, ils ne sont pas toujours en aparté d’une activité physique et sportive adaptée.

On y croit !

 

Sylvie Michèle BRIERE, fondatrice et présidente. Sept. 19.

Association France Prévention : Le capital santé lorsqu’il est présent à la naissance, s’entretient et se perfectionne tout au long de la vie. Les méthodes sont très diversifiées et se répètent. Dans le ventre de la mère, on fonde sa naissance ; dans la jeunesse, on fonde sa vieillesse.


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