Les enfants et la division parentale

Qu’il y ait divorce ou non, beaucoup d’enfants à travers les âges, ont tenté la division de leurs parents. Notre société autorise le divorce et par ce biais, cela a cautionné/renforcé une séparation possible des parents, enrichie par cette acceptation sociétale.

Lorsqu’un jeune, enfant dans le statut familial, exige de ses parents un comportement dans leur couple, dites-vous que ce jeune n’a pas résolu sa compréhension du couple parental. La vie intime des parents est intime et ce n’est pas au jeune de décider des rapports d’entente ou de mésentente. Entendons-nous bien, il n’est pas question ici d’une simple intervention mais bien d’une directive accompagnée d’un comportement.

Une jeune femme qui est fille par excellence ne dit pas à son père qu’elle femme il doit épouser. Il en est de même pour une maman qui s’entendrait dire comment elle doit subir son mari…

La hiérarchie naturelle inscrit le couple parental comme décideur de son chemin et de ses échanges. L’enfant a ses droits aussi et il peut réaliser son existence sur les bases qu’il a choisi à partir de sa majorité. Cette méthode est installée par le droit et la reconnaissance de l’État sur la situation du citoyen devenant adulte majeur en contrôle de ses libertés et de ses devoirs.

A un moment, lorsque le jeune est intrusif, il se laisse le droit de diriger le parent ou les parents sur lesquels il tente son ascendant. L’ensemble de ses relations devient soit conflictuel, soit à emprises et crée une rupture sur des niveaux souhaités parfois délibérément via un excès d’autorité ou plus précisément une tentative de domination. Elle a pour but de faire obéir ou d’obtenir le résultat attendu ou encore de réaliser le desiderata du parent complice qui serait encourageant par plusieurs méthodes comme l’absence et/ou l’incitation.

Viennent les disputes, les violences, les insultes et les menaces. Lorsqu’on se retrouve avec des enfants et des parents qui se trahissent, il s’agit d’un sujet que Freud mentionnait comme Œdipien. Ces relations négatives et toxiques sont issues quelques fois, de la manipulation d’un des deux parents qui se venge en permanence contre l’autre. Le jeune devenu adulte peut être parfaitement convaincu que son attitude est légitime et qu’il peut maltraité ses ou son parent. Il y voit une relation logique car les barrières psychiques ne sont pas en place pour moduler la stabilité affective du jeune. Il n’a pas la capacité de se rendre compte que son autonomie ne passe pas par l’obéissance de ses son parent ou par son intervention dans le couple parental.

On en vient à des situations que l’on considère comme banales et qui pourtant approche la caricature lorsqu’elles dérivent dans le dénigrement systématique où la vengeance du parent manipulateur (éventuel) s’exprime par l’enfant divisé.

La division s’installe par de nombreux moyens, le premier est de nier l’enfant depuis sa plus petite enfance en disant que le parent qui s’en occupe, à forcer le père (ou la mère) manipulateur, à faire cet enfant. L’adulte manipulateur fait entrer un gouffre sur l’utilité (amour) de la vie de l’enfant et généralement, il ne s’occupe de l’enfant que dans des circonstances exceptionnelles pour ensuite, le récupérer à l’age adulte. Ici, se jouera la fin d’un acte, le parent investit se retrouve être le bourreau et le parent manipulateur sera le parent « victime » qui aura menti en connaissant l’effet sur le futur adulte. Il s’agit d’une construction identitaire déviée, non autonome, sans choix car la recherche de l’enfant tout au long de son développement est l’autre parent, l’absent… Certains parents manipulateurs vont jusqu’à dire que le parent protecteur est celui qui les a enlevé.

L’enfant est naturellement en regard de ses parents. Il les cherche, il veut se faire aimer, en avoir des preuves, il veut aussi être obéissant et faire des efforts pour faire plaisir ou être à la hauteur de sa famille. Lorsque cet enfant devient un jeune qui use de la domination, c’est qu’il y a eu un manque structurel ou de bien mauvaises rencontres (vie sociale du jeune). Les deux étant un risque de catastrophe pour l’équilibre et le bonheur.

Chacun doit prendre ses responsabilités. Les parents doivent à leurs enfants une sécurité morale et lorsqu’un homme fait des enfants avec une première femme puis d’autres enfants avec une seconde en laissant planer que c’est mieux mais qu’au bout du compte, il divorcera des deux sans avoir proposé un équilibre aux premiers enfants comme aux seconds, l’échec est sur qui ?

Réfléchissons aux conséquences.

Lorsqu’une femme fait un bébé toute seule, il y a une grande différence d’avec une maman abandonnée à la naissance de son enfant. Un parent veuf n’a pas les mêmes explications qu’un parent abandonné.

Lorsque les parents vivent ensemble mais dans un système de vie pire que des parents divorcés à quoi peut servir la vie en famille ?

Réfléchissons aux conséquences.

Et si l’équilibre parental fut un modèle de calme et de bienveillance qui n’a pas été enregistré par les jeunes adultes, l’isolement de ces parents ne rendra pas leur situation sécurisée, ni pour la société, ni pour eux, ni pour leurs enfants. La société garde les instabilités comme des exceptions possibles mais si elles deviennent systématiques, on est en droit de réfléchir à l’équilibre général qui en découlera.

Sylvie BRIERE, présidente

A lire sur le sujet sur notre site : le divorce https://www.associationfranceprevention.org/Le-divorce.html ?