Quand la jeunesse ne détrône plus…

Quand la jeunesse ne détrône plus…

Avenir ou présent, vit-on dans l’avenir ou dans le présent de la jeunesse ?

Combien de jeunes gens et de jeunes femmes vivent, baignent dans la galère du chômage, du burnout, de la dépression, de la séparation… de leurs parents ?

L’avenir passe par les études a-t-on dit durant des années. Plus un jeune aura de diplômes, plus il pourra gagner sa vie !

Fauché dans la belle promesse de la jeunesse, les voici avec une dette de 30 000 euros à la naissance. Ce qui aboutit à 70 000 euros à vingt ans.

La dette sociale s’en alourdit et si dans les années 80 elle était déjà là, n’est-il pas meilleur de ne plus reporter ?

Nous évoquons l’intelligence artificielle remplaçant et/ou assistant l’être humain. Qu’en sera-t-il de l’emploi, de la fonction humaine dans l’activité professionnelle ?

Qu’en sera-t-il de la dette des caisses de retraites qui restent un moyen d’endiguer la vieillesse assistée ?

Pourtant, le diplôme est toujours d’actualité pour « ouvrir les portes » puisque 48% des jeunes au chômage sont sans diplôme. Et comme on n’y comprend plus grand chose, il a été dit récemment que les métiers qui reviennent à la mode sont les métiers manuels. 560 000 jeunes gens et jeunes femmes sans qualification et qui pour beaucoup ont un niveau de lecture et d’écriture assez bas pour ne pas écrire qu’ils versent dans l’illettrisme.

Ici, il n’y a rien de nouveau dans ces constats. Tout le monde en parle, tout le monde ou presque le sait. Notre société est ouverte à tout et l’on connaît même le nom de famille de nos voisins chinois ou cubains !

Un million de 18/29 ans n’ont ni emploi, ni formation, ni positionnement social stable. Où se trouve leur avenir, où se trouve leur présent ? Pas de soutien de leurs parents, plus une absence d’instruction, cela est rendu possible par quel biais ? Ces jeunes-là demandent-ils à être lâcher par tous ?

Les BAC pro sont en vogue alors que l’apprentissage reste la filière de réussite la plus fiable. Les premiers sont reconnus comme médiocres et peu formateurs dans la plupart des filières actuelles. Sur ces étudiants en BAC pro, 60 % se retrouvent sur les bancs de l’université sans avoir une idée de leur orientation pour la plupart. Ils feront une à deux années sans conviction et ils repartiront avec deux ans de plus pour être plus près d’un RSA ou d’une embauche partielle.

Les méthodes de sélection pour entrer en université ne semblent pas produire les effets constructifs à l’instruction et elles ne semblent pas aboutir aux résultats attendus pour les étudiants. 17 % des masters sortiront de leur fin de cursus pour ne pas trouver d’emploi.

Ce que l’on nomme « l’ascenseur social » est en panne également dans les études. Pas de polyvalence et pas de transversalité dans les diplômes ou si peu, en sus de ce qui est déjà décrit ici.

Nous voici à l’étage des études, le palier est jonché d’étudiants dont près de la moitié sait déjà qu’ils ne seront pas en 3e année. Ils arrivent, ces « jeunes », parfois accompagnés par un parent (rarement… à cause des copains) et ils sont au RC pour leur inscription. On va leur demander le droit d’inscription qui commence à 8 € pour les boursiers puis une caution pour leur chambre universitaire et un 1er loyer.

Le paiement du loyer et de sa caution se fait avant le versement des 1res aides de la CAF ou autres organismes. De même, le plafonnement des bourses tournent autour de 450€ pour les plus pauvres. Le mot pauvre peut être écrit à cet endroit.

Le logement, la nourriture, les déplacements, les fournitures scolaires, parfois l’électricité et l’eau…. les étudiants en sont à plus de 450€. Cela est certain.

Précisons que les Présidents d’universités ne cherchent pas si une fraude par la « fausse inscription » a lieu, en nouvelle entrée. Il semble logique que la confiance et la libre-circulation soient les deux mamelles de l’université française et donc, comment peut-on poser les sujets qui viennent ? Car il y a un cumul de constats qui précise l’inquiétude envers la sélection et l’orientation positives des étudiants encore jeunes et en besoin de soutien pour structurer leur avenir. Il ne s’agit pas de faire des études pour faire des études mais bien de se former sérieusement pour acquérir une capacité d’intégration du monde du travail dans le périmètre des souhaits de l’étudiant et des besoins en métiers.

Dans les faits, les jeunes gens et les jeunes femmes sont accueillis en ayant reçus assez peu d’informations sur leurs options ou, celles qui ont été glanées ,ne leur semblent pas tenir compte de leurs aptitudes ou de leurs envies mais aussi elles sont peu explicatives, peu rassurantes en quelque sorte, peu fondatrices ou convaincantes.

Le résultat est que personne n’ose réformer et même écrire, qu’il y a des étudiants qui se démobilisent définitivement et qui deviennent des « faux étudiants ». De ceux qui font la fête sur le campus trois fois dans la semaine en n’ayant aucune envie de prendre en compte les étudiants bosseurs. On remarque des enseignants assez larges dans leurs notations pour que les jeunes ne soient pas « dehors ». Mais cet état de fait (un peu ancien dans sa pratique) peut-il se poursuivre sans que les étudiants (bosseurs ou pas) en soient eux-mêmes lésés ?

Le redoublement deux années, non consécutives sur la même matière, entraîne un aléa de jeunes dans les universités françaises. Comment en tenir compte, que leur proposer de plus actif et de plus noble pour que leur jeunesse s’exerce à l’utilité ?

Les 50 à 60% d’échecs de la première année pourraient-ils se moduler par un tamis de sélections réelles, de notation et d’entretiens individualisés ou en groupes restreints ? Quelles initiatives positives et dynamiques pourraient raccrocher les jeunes gens et les jeunes femmes à leur présent et à leur avenir, également.

Ici, il s’agit de solutions politiques et managériales intra-universitaires à poser et à appliquer. Elles sont demandées depuis longtemps. Certaines ont été apportées depuis le démantèlement de Vincennes pour devenir Saint Denis (années 1976-1983)…

Revenons aux vrais étudiants, ceux qui souhaitent le diplôme et sa formation solide. Ils sont dans le campus bruyant et aménagé au strict nécessaire. Ils sont pour 50% d’entre eux, voire plus, obligés de faire un « petit boulot, des petits boulots ». Ils ont la dette sociale sur les épaules et ils ont leur dette à eux, à vivre par un décalé de sorties et d’entrées d’argent, les aides étant versées deux à trois mois après le début des cours.

Il est des économies qui n’en sont pas. De celles qui font que 200 élèves vont emprunter les transports en commun pour un déplacement évité à l’enseignant ! Cet exemple est flagrant mais combien d’autres peuvent être démontrés ?

Association France Prévention s’intéresse aussi à la santé des étudiants. Où se pratique leurs protections ? Le budget étant limité, le régime pâtes/patates est-il si anodin sur les quatre ou six années d’études supérieures ? Est-il possible de ne pas savoir si l’on est inscrit à la sécurité sociale et si l’accès à un médecin généraliste est faisable ? La visite obligatoire en première année, vers lui, apporte qu’elle construction sur la surveillance de la bonne santé de l’étudiant ?

N’évoquons pas les spécialistes car là, l’étudiant devra payer. S’il a une santé fragile ou avec des besoins précis, il ne pourra que les financer lui-même et/ou via ses parents s’ils sont accompagnants. Résultats dans 90% des cas au moins, les jeunes gens et les jeunes femmes ne se garantissent pas de leur santé et cela entraîne-t-il les conduites à risques ?

Un autre sujet de préoccupation devient une « habitude » ou une « façon de vivre », cité comme un progrès pour certains ou comme une catastrophe éducative pour d’autres. Il s’agit des pratiques à risques, « il est interdit d’interdire » et le fast drink ou la sexualité sans préservatif et multi-partenaires ne posent aucun souci… Sauf pour la santé de soi et celle des autres, parfois ! Reporter cela sur l’éducation parentale ou l’instruction ne donne aucune solution immédiate et réaliste.

Un groupe entraîne. Lorsqu’il est jeune, il entraîne encore plus même si la sagesse n’attend pas le nombre d’années. La jeunesse veut faire des expériences et elle pense que les parents sont des freins, parfois. La nouvelle liberté, le départ de la maison de l’enfance est encore un temps où la jeunesse doit consolider ses orientations et ses engagements.

D’ailleurs, les adultes s’engagent (ou doivent…) tout au long de leur vie pour eux et pour la communauté. Le collectif est fort de chacun.

Donc, respecter un règlement n’a pas valeur de privation de liberté, cela est un acte civique qui permet d’aménager de bonnes négociations si le collectif se sent bloqué par des règles inappropriées. Pourtant comme le disent couramment les intéressés, l’Éducation Nationale n’éduque pas, elle instruit.

Nicolas DUMAS, étudiant à Rouen et que j’ai rencontré pour écrire cet article, a déclaré une phrase qu’on peut lui reprocher lorsqu’on ne lui laisse pas le temps d’être relue et argumentée : « Les extrêmes se créent via un laxisme et à la politisation à outrance ».

Je réponds ici : « Oui. Même mon bénévolat associatif est enclavé par la politique politicienne. Il n’y a pas une journée sans que cela ne soit pas au centre d’un débat perpétuel. Et en attendant, le temps passe à réexpliquer que l’on sauvegarde tout le monde et qu’ensuite la bagarre a lieu mais en dehors de l’association. Les universités françaises sont restées bloquées en l’an « MAI 68 » !!

Association France Prévention vous écrit que l’on doit se réveiller car dans notre pays la première concurrence est l’intolérance qui a conduit aux attentats de 2015 et à la sécurisation de très haut niveau.

Merci pour votre attention.

Cet article est basé sur l’entretien avec Nicolas DUMAS, rencontré ce 26 janvier 2018 à Rouen où il est étudiant.

Sylvie BRIERE, fondatrice et présidente.