Suicide et catégories professionnelles

niveau de lecture +++

Y a-t-il véritablement des catégories professionnelles plus à risque ?

Introduction

  • France Prévention La Suite, grâce à un de ses lecteurs, soulève le sujet de la rumeur ou de la surenchère médiatique émotionnelle ou mercantile, les deux étant savamment imbriquées avec innocence ou intentionnellement.
  • France Prévention pose des « ou » car pour s’expliquer ici, il est préférable de ne pas émettre des affirmations tranchées. Heureusement, l’évolution reste un mode de vie.
  • Nous entendons assez régulièrement que les agriculteurs sont impactés sévèrement par le suicide.
  • Les enseignants, aussi.
  • Les soignants seraient au même niveau que les forces de l’ordre, toujours selon la « rue ».
  • Si le sujet se conforte dans ce sens depuis plus de 30 ans, demandons-nous pourquoi.
  • En tant que fondatrice de France Prévention, j’écris clairement qu’aucune subvention n’est entrée dans la maigre et rentable caisse de l’association. Nous ne vous faisons pas subir de pressions d’opinions.
  • Pour mieux penser un sujet grave, l’information posée permet une solidarité choisit, comprise.
  • C’est important de remettre en ordre la maison France. Le moral dans toute la population doit être soutenu vers le beau et le positif.
  • L’étude que je mets à votre disposition est claire mais dense, intense.
  • Elle expose les drames dont on ne veut pas par des chiffres, des enquêtes, des résultats commentés.
  • _ La prudence pour la maison France apparaît un moyen efficace contre la peur pour nos aimés.
  • En lisant puis relisant normalement, nous pouvons changer de prudence et d’empathie.
  • Bien qu’en réalité le facteur suicide occupe une place peu confortable car dans des périodes de crises, il rôde partout avec sa tendance imprévisible.
  • Apprenons donc à nous raisonner comme de vaillants secouristes qui assument quand c’est en vrac quelque part.

https://www. vie-publique.fr/files/rapport/pdf/274654.pdf

Observatoire National du suicide

1.12. Vers une comptabilisation plus large des suicides et des tentatives de suicide en lien avec le travail

Dans son premier rapport en 2014, l’Observatoire national du suicide a proposé plusieurs recommandations, dont la refonte du certificat de décès et l’accélération du déploiement de la certification électronique. Depuis le 21 avril 2017, un nouveau certificat de décès visant à améliorer le repérage du suicide a été mis en place par décret n° 2017-602. À terme, le système de remontées des informations sur les suicides par les instituts médico-légaux (IML) pourrait donner davantage d’informations sur le suicide par profession (voir dossier 2).

Par ailleurs, l’appariement des données de l’Échantillon démographique permanent (EDP) de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) au Système national des données de santé (SNDS) est en cours de réalisation. Copiloté par la DREES et l’Insee, en collaboration avec la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM), ce projet aboutira à la base de l’EDP-Santé (voir dossier 2). Cette base constituera une source inédite qui permettra de croiser les causes médicales de décès, mais aussi les consommations de soins ou les parcours hospitaliers, avec les caractéristiques socio-économiques individuelles (diplômes, profession et, plus largement, la catégorie sociale et les trajectoires professionnelles de chacune de ces personnes). En particulier, l’EDP-Santé permettra d’affiner les connaissances sur les liens entre certaines variables sociodémographiques et le suicide ou les tentatives de suicide.

1.13. Malgré les limites des informations statistiques, des études confirment que certains secteurs présentent des taux de mortalité par suicide plus élevés.

Des études statistiques en France se sont toutefois penchées sur les liens entre suicide, pensées suicidaires et travail. Fondée sur les données du Baromètre santé de Santé publique France, datant de 2005, et portant sur un échantillon représentatif de la population française active occupée et âgée de 15 à 65 ans entre 1976 et 2002, l’étude menée par C. Cohidon (2010b) constate des taux de mortalité qui diffèrent selon le secteur d’activité. Deux secteurs concentrent les taux de mortalité par suicide les plus importants, à savoir la santé et l’action sociale (34,3/100 000). Viennent ensuite l’administration publique (hors fonction publique d’État) et la construction. A contrario, les secteurs présentant les plus faibles taux sont la production et la distribution d’électricité de gaz et d’eau ainsi que l’éducation (hors enseignants de la fonction publique d’État). À l’échelle des groupes socioprofessionnels, certaines professions semblent davantage associées au risque suicidaire. Les agriculteurs, les employés et les ouvriers ont ainsi un risque deux à trois fois plus élevé de décéder par suicide que les cadres. Ce constat est confirmé par l’étude de B. Goeffroy-Perez datant de 2018.

Plus largement, l’étude de C. Cohidon (2010a) fait état d’une mortalité par suicide des hommes en emploi supérieure à celle des femmes en emploi. En revanche, ces dernières déclarent plus souvent avoir fait des tentatives de suicide. Concernant les seules pensées suicidaires, l’enquête de Santé publique France issue des données du Baromètre santé 2017 souligne des différences selon le sexe et le secteur professionnel. Il ressort que les hommes travaillant dans les secteurs de l’héberge-ment et de la restauration, des arts et spectacles, de l’enseignement et de la santé humaine/action sociale déclarent davantage de pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Parmi les femmes, les arts et spectacles, l’enseignement, l’information-communication et l’hébergement-restauration sont les secteurs les plus concernés (voir fiche 8). De façon générale, les disparités de taux de suicide selon la catégorie sociale sont moins marquées pour les femmes que pour les hommes. Ces disparités de suicide selon le sexe suggèrent que « les hommes et les femmes d’une même société ne semblent pas construire leurs identités personnelles sur les mêmes bases » (Baudelot et Establet, 2006).

D’après l’enquête Conditions de travail-Risques psychosociaux (CT-RPS) de la Dares, en 2016, 5,3 % des actifs occupés déclaraient avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Alors que les raisons professionnelles viennent seulement en troisième position des raisons avancées, elles sont le plus souvent énoncées comme unique raison par 13 % des personnes ayant eu des pensées suicidaires (voir fiche 5). Parmi les facteurs de risque suicidaire recensés dans la littérature scientifique, on retrouve le stress occasionné par le travail, une insatisfaction à l’égard du contenu du travail, les conflits interpersonnels avec des collègues (Coutrot, 2010), des formes de harcèlement, ou encore l’isolement (Lourel, 2005). Plus généralement, les conditions de travail, les changements organisationnels répétés et la conjoncture économique du marché du travail sont des facteurs pouvant favoriser le développement de pensées suicidaires ou de comportements suicidaires (Nicolas, 2015). Toujours d’après l’enquête CT-RPS, les actifs occupés les plus exposés à certains risques psychosociaux déclarent davantage des pensées suicidaires : 13 % en cas de mauvais rapports sociaux au travail, 10 % en cas de conflit de valeurs, d’exigences émotionnelles ou d’insécurité économique, un peu moins de 10 % en cas de mauvaise reconnaissance ou rémunération du travail, de manque d’autonomie et de forte charge de travail (voir fiche 5).

Outre des conditions de travail sources de stress et des formes de harcèlement, d’autres facteurs pourraient également expliquer en partie les taux de suicide importants dans certaines professions, comme l’accès facilité à des moyens létaux (armes à feu, médicaments, etc.) pour les policiers et les professions médicales et paramédicales (Stack, 2001 ; Hawton et Van Heeringen, 2009) mais aussi du fait de la solitude propre à l’exercice du métier. On sait que l’isolement et le sentiment de solitude chez les agriculteurs constituent un motif important de risque suicidaire (Spoljar, 2014).

Ces résultats nécessitent d’être interprétées avec précaution. En effet, d’autres recherches viennent les nuancer. En 2001, aux États-Unis, S. Stack a réalisé une étude sur les facteurs pouvant expliquer une surmortalité dans certaines professions. Après contrôle des caractéristiques sociodémographiques telles que l’âge, le sexe ou encore le statut marital, il ressort que les hommes policiers ne sont pas associés à des taux de suicide plus élevés que l’ensemble des hommes du même âge. En revanche, le risque de surmortalité parmi les professionnels de la santé et les travailleurs sociaux est confirmé (Stack, 2001).

Au sein du secteur agricole, des résultats différents sont par ailleurs observés selon le mode d’exercice de l’activité (indépendants versus salariés). Ainsi, alors qu’une étude menée sur les exploitants agricoles en activité en France métropolitaine de 2007 à 2011 met en évidence un excès de mortalité par suicide des exploitants par rapport à la population générale chez les hommes de 2008 à 2010 (ONS, 2018, fiche 4) Santé publique France fait état d’une sous-mortalité pour les salariés affiliés au régime agricole en activité par suicide entre 2007 et 2011, vraisemblablement expliquée par l’effet du travailleur sain (voir fiche 9).

Bien que la présence de troubles psychiques (trouble dépressif, consommation d’alcool ou de médicaments, etc.) soit fréquente dans les comportements suicidaires, leur interaction avec les facteurs professionnels reste à analyser. Il est en effet encore difficile de comprendre dans quelle mesure et de quelles manières les troubles de santé mentale interagissent avec les risques psychosociaux dans la compréhension des comportements suicidaires. Dans cette perspective, des recherches pourraient viser à appréhender de manière plus fine les interactions entre les risques psychosociaux et la santé mentale.

A télécharger

Obeservatoire-national-suicide-Travail-2020

J’ajoute que les statistiques donnant un taux de mortalité 1re cause de décès chez les jeunes est une réalité qui n’ôte pas du tout le triste score national des suicides chez les ultras seniors (au-dessus de 80 ans). Une législation récente sur un droit à mourir dans la dignité fait son possible.

France Prévention fait sa conclusion 2026

J’exprime avec bénévolence, un grand respect pour cette étude menée par des chercheurs mondiaux. Ils mettent en avant que les employés, les ouvriers et les travailleurs du bâtiments souffrent souvent et beaucoup dans leur métier, en France.

Sylvie-Michèle-BRIERE-fondatrice

France Prévention la Suite

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Activité principale (APE) : 63.99Z - Autres services d’information n.c.a.

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