Suicides et positionnement de médecins

L’affaire de tous

Une campagne de communication britannique intitulée « Small talk saves lives » sur la prévention du suicide, insiste sur l’intervention de tout un chacun pour éviter le passage à l’acte. Dans une courte vidéo, on voit un homme près d’une voie ferrée être interpellé par une femme qui l’aborde en lui parlant du temps, et de s’apercevoir qu’il ne va pas bien et intervient… Cette vidéo est signée du British Transport Police, de Britain Runs on Rail et Network Rail.

Le Généraliste

Nicolas Evrard

05.02.2019

EXTRAITS

Des données pour repérer. C’est dans le but principal d’informer sur les facteurs de risque et les signes avant-coureurs du suicide que le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) vient de publier un numéro spécial à l’occasion de la 29e semaine de prévention du suicide (3-9 février).

Plusieurs articles du BEH s’appuyant sur différentes études décortiquent et analysent des déterminants psychologiques et environnementaux, à commencer par identifier de manière générale les populations vulnérables. « Le fait d’être une femme, célibataire, divorcé ou veuf, les situations financières difficiles, l’inactivité professionnelle ainsi que les événements traumatisants sont associées aux comportements suicidaires », soulignent les auteurs d’un article qui s’est appuyé sur des données du dernier Baromètre Santé (sur un échantillon représentatif de 25 319 personnes âgées de 18-75 ans). Ce n’est pas la première fois qu’une analyse sur ce sujet est effectuée

Parmi les autres facteurs favorisants, des antécédents de violences sexuelles multiplient par 4,5 le risque de TS chez les hommes et de 3,5 chez les femmes. Avoir connu, avant 18 ans, le décès ou la maladie d’un parent augmente aussi le risque de TS chez les femmes.

Les risques du métier

D’autres données issues du Baromètre Santé provenant de 14 536 personnes actives en 2017, montrent que la prévalence de pensées suicidaires était de 4,5 % chez les femmes, contre 3,1 % chez les hommes. « Les secteurs les plus touchés étaient ceux de l’hébergement et restauration, des arts et des spectacles ainsi que de l’enseignement », constatent les auteurs de l’article. Plus d’un tiers des personnes ayant des pensées suicidaires les attribuaient à des raisons professionnelles. Côté masculin, ces pensées étaient plus courantes chez les agriculteurs exploitants (3,5 %) et artisans, commerçants et chefs d’entreprise (3,6 %).

La publication de cette étude est concomitante à l’annonce du suicide d’un chirurgien de 57 ans, survenu dimanche 3 février dans les locaux de l’hôpital Avicenne (Assistance publique – hôpitaux de Paris), à Bobigny, qui a particulièrement touché la communauté médicale.