La recherche en sciences infirmières
Une section du Conseil national des universités pour les sciences infirmières : belle avancée pour la profession
La recherche en sciences infirmières est aujourd’hui enfin consacrée dans nos institutions. Le Conseil des ministres du 30 octobre a en effet adopté un décret qui ouvre la voie à la création de trois sections de qualification du Conseil National des Universités en sciences infirmières (CNU 92), en maïeutique (CNU 90), en sciences de la rééducation et de la réadaptation (CNU 91)
La mesure est technique mais la portée symbolique et pratique est considérable. Ce décret constitue
Une chance pour le système de santé français,de rattraper son retard dans des champs de recherche trop souvent délaissés alors qu’ils sont largement investis par les chercheurs d’autres pays.
Une opportunité pour la profession infirmière et les autres professions concernées de faire que des chercheurs issus de ses rangs se consacrent à des travaux qui amélioreront les connaissances cliniques et la prise en charge de nos concitoyens mais aussi la formation des futurs soignants. C’est la possibilité donnée à l’Université de recruter ces enseignants,chercheurs pour consolider, avec ses partenaires au sein des instituts et des écoles, l’ancrage universitaire des formations en santé. Après la pratique avancée infirmière et la mise en place des formations partout en France, la profession franchit là une étape capitale pour son attractivité. Beaucoup reste à faire, notamment sur le plan de la reconnaissance.
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Un supplément :
"L’infirmière de pratique avancée, est une infirmière experte, titulaire du master dédié. Après une expérience clinique, elle a acquis les connaissances théoriques, le savoir-faire et le savoir-être nécessaires aux prises de décisions complexes en autonomie dans son champ de compétence, avec la responsabilité de ces actes.
L’infirmière de pratique avancée mobilise ses compétences cliniques pour poser des diagnostics permettant l’orientation thérapeutique et la réalisation des prescriptions adaptées aux patients. Elle développe son expertise fondée sur la recherche et les données probantes. »
L’infirmier libéral prodigue des soins permettant aux personnes âgées de continuer à vivre chez elles. Il se déplace au domicile des patients pour pratiquer ses soins.
Ci-contre l’article de Sciences et Avenir avec AFP le 26.12.2025 à 10h51
Réforme du métier d’infirmière : une petite révolution dans le milieu médical
Accès direct sans ordonnance du médecin, droit de prescription, « consultation infirmière » : un décret, publié le 2 janvier 2026 au Journal officiel, concrétise la réforme du métier d’infirmière, offrant aux professionnelles un rôle élargi et beaucoup plus central dans le système de soins, une petite révolution pour les intéressées.
En application de la « loi infirmière » du 27 juin 2025, « le décret précise les domaines d’activité et de compétence de l’infirmier diplômé d’Etat », « définit notamment l’exercice infirmier ainsi que les modalités de la consultation infirmière » - pour la première fois -, indique le décret du 24 décembre publié vendredi au Journal officiel. Dans le monde du soin centré autour de la figure du médecin, c’est un changement de paradigme. Les infirmières, jusqu’ici rémunérées à partir d’une liste d’actes vieille de 20 ans, qu’elles ne pouvaient réaliser que sur prescription préalable, ne seront plus considérées comme de simples exécutantes.
Les infirmières pourront désormais « initier » les soins dans leur domaine d’activité, les soins infirmiers « de nature préventive, éducative, curative, relationnelle ou destinés à la surveillance clinique ». Elles prendront donc « directement » en charge les patients dans le cadre de leur « rôle propre », précise le décret. Bilan clinique et diagnostic
Elles pourront mener une « consultation infirmière », réaliser un bilan clinique (évaluation de la santé, antécédents, habitudes de vie) poser un « diagnostic infirmier », entendu comme « les besoins de santé » spécifiques du patient dans son champ de compétences, et « élaborer un projet de soins » personnalisé. Elles s’occuperont sans prescription préalable des plaies ou brûlures légères, dont elles suivront l’évolution.
Le décret leur donne aussi le droit, réclamé de longue date, de « prescrire des produits de santé et des examens complémentaires adaptés à la situation clinique », dont la liste est toutefois restreinte et précisée par arrêté. Le texte reconnaît leur capacité à repérer des situations de maltraitance ou de souffrance psychique, à assurer des « soins relationnels, permettant d’apporter un soutien psychologique » aux patients, ou encore à « concevoir » et « conduire » une démarche d’éducation thérapeutique ou de prévention (chutes, obésité, addictions, santé sexuelle, vaccination). Prévention, évaluation et soulagement de la douleur
Il souligne leur rôle dans l’évaluation et le maintien de l’autonomie des personnes âgées, la « prévention, l’évaluation et le soulagement » de la douleur et de la détresse, notamment en fin de vie.
Les infirmières pourront aussi vacciner sans prescription préalable pour tous les vaccins obligatoires à partir de 11 ans (sauf immunodéprimés), ceux contre la grippe et le Covid dès 5 ans, ou encore réaliser des tests pour certaines infections sexuellement transmissibles (VIH, hépatites, chlamydia…). Elles pourront encore déléguer certains actes, dont la liste sera fixée par arrêté, à des aide-soignantes ou auxiliaires de puériculture.
