LES MARAUDES
Les personnes à la rue ou en grande précarité sont de plus en plus nombreuses et vulnérables. En France, la Fondation Abbé Pierre (renommée depuis) estime à 330 000 personnes sans-abris au 1er février 2023 contre 300 000 en 2022.
Définition
Dans le cadre de l’enquête auprès des personnes fréquentant les lieux d’hébergement ou de restauration gratuite, une personne est qualifiée de « sans-domicile » un jour donné si la nuit précédente elle a eu recours à un service d’hébergement ou si elle a dormi dans un lieu non prévu pour l’habitation (rue, abri de fortune).
https://blog. insee.fr/wp-content/uploads/2021/04/blog- Connaitre-les-personnes-sans-domicile-est-encore-plus-important-que-les-denombrer.pdf
La précarisation (perte d’emploi, handicap ou altération de la santé, accidents, etc) entraîne souvent une perte des relations familiales et/ou sociales. Certaines personnes en situation d’exclusion ne demandent pas ou plus ce qui leur est vital. Quelque soit les motifs de ces décrochages , la société tente ses réponses.
Les maraudeurs, qui sont-ils ?
Des associations, des organisations caritatives ou humanitaires ont mis en place des tournées de rues, à pied ou en véhicule pour venir en aide aux plus démunis.
Plusieurs équipes de bénévoles se relaient pour apporter quotidiennement ou chaque semaine de la nourriture, des boissons chaudes et des biens de première nécessité tout en essayant de rétablir un contact humain.
Les maraudeurs à pied parcourent plusieurs kilomètres équipé d’un sac à dos chargé de matériel et ils vont à la rencontre de personnes situées dans des endroits où les véhicules ne passent pas ou encore, là où les sans abris se trouvent car ils ne se déplacent pas jusqu’aux points de distribution. Les personnes en besoin peuvent être signalées par des particuliers, des associations ou peuvent être repérées par les maraudeurs à pied.
Être maraudeur nécessite de la patience, des facultés d’écoute et du respect pour les bénéficiaires mais aussi, de la résistance physique car les actions se passent autant en hiver qu’en été et le plus souvent, les distributions se réalisent de nuit.
Il est important de rassurer les bénéficiaires et de proposer une solution d’hébergement en fonction des places libres avec l’accord du sans abri. Les maraudeurs sont à même de réagir face aux conditions climatiques en fournissant éventuellement des duvets, des couvertures, une tente…
L’organisation
En amont des maraudes, il s’agit de collecter les denrées auprès de la Banque Alimentaire, de particuliers ou de professionnels. La collecte de pain, de fruits, de gobelets, de sucre et tant sont une activité et une organisation particulièrement pointues.
Il faut aussi préparer des sandwichs frais et ravitailler en boissons chaudes, en eau potable. Il est parfois prévu de distribuer des couvertures, des produits d’hygiène et éventuellement des croquettes pour les chiens et chats qui accompagnent les bénéficiaires.
Plusieurs associations, fondations et ONG pratiquent des maraudes et elles ont fortement besoin de bénévoles pour faire aboutir cette mission. Les dons des particuliers renforcent ce que les organismes caritatifs et les professionnels offrent.
Les bénéficiaires
Sur le terrain, les bénéficiaires perçoivent ces aides comme un soulagement, pour la majorité car il y a ceux qui s’isolent totalement, ceux qui se débrouillent tous seuls, ceux qui ne veulent aucun contact avec des organismes et ceux qui n’ont plus envie de rien.
La personnalité de ses « marginaux » est beaucoup plus complexe que prévu et leur marginalité n’est pas toujours subie.
Il y a une catégorie de personnes dont on évoque peu la situation, ce sont les personnes affectées par des maladies mentales, abandonnées par leur famille, elles ne peuvent pas gérer leurs vies et se retrouvent à la rue. Bien qu’elles puissent recevoir des soins psychiatriques à l’hôpital, elles ne peuvent être hospitalisées indéfiniment et elles retrouvent la rue jusqu’au moment où une reconnaissance de handicap se met en place. Les médicaments sont alors pris de façon très aléatoire et la rechute vient.
La maladie, la pauvreté (pertes d’emploi, de logement, divorce…), la destruction des biens comme le vol ou l’incendie, le refus d’une société reflètent les principales raisons des sans abris. Mais il est important de savoir que leur histoire, leur identité sont cachées aux yeux de cette société dans laquelle leur place est dans la rue. La rue anonyme et turbulente, impersonnelle renforce ce processus de dépersonnalisation et les options « insertions » s’amenuisent avec le temps, les rencontres, les bagarres de toutes sortes, les marquages de territoire. Certains sont sans papier et ne pratique pas une langue compréhensible aux autres, certains sont délinquants ou anciens détenus.
Les maraudeurs qui donnent de leur énergie pour distribuer se disent souvent que c’est triste et qu’il faut trouver d’autres solutions. Le sujet est récurrent à toutes les sociétés humaines depuis leur création ancestrale.
Parallèlement aux maraudes, des équipes mobiles de soins peuvent être présentes pour apporter une aide sanitaire ou médicale. Ils s’agit de soignants, secouristes accompagnés d’un médecin.
Les maraudes préservent un équilibre aux sociétés modernes et elles canalisent des personnes complexes à épauler qui n’en restent pas moins des êtres humains à part entière.
fondatrice
