Prévention de l’épuisement 2

Prévention par observations et partages de constats :

  1 - Le harcèlement, dont il est question dans les descriptifs ou dans les témoignages du syndrome d’épuisement, peut prendre des formes positives.

 La stimulation est alors, empreinte d’une énergie de demande et de ne pas décevoir. Il y a accord positif avec la situation de stress et de pressions. Le travailleur est acceptant de son état de dépendance au stress et il le justifie souvent par les résultats obtenus dans ses tâches.

 Il est possible d’établir les relations entre le pourquoi de cette nécessité à être bousculer par un harcèlement positif et l’acceptation. Mais au final, mieux vaut laisser le lecteur tenter de les trouver par lui-même ou avec les personnes qu’il choisit pour le faire. Le consentement est parfois totalement situationnel et incontournable.

 Regardons un peu quelques situations : 3 interventions au cours d’une nuit pour une brigade de pompiers, le plan vigipirate, une invasion de client durant un laps de temps, etc.

 Cela n’ôte pas du tout, la gravité du processus et de ses résultats sur la santé morale et physique.

_ Le harcèlement se valide par l’attitude de l’individu qui se met en obligation de répondre aux demandes sans décevoir. Il devient exigeant avec lui-même et les résultats envisagés.

 Est-ce l’égo, l’orgueil ou la satisfaction/obligation de faire bien. Chacun peut définir cette spécificité unique.

 Dans les années 74-76, j’ai travaillé avec une personne qui se mettait la pression (comme l’on dit) et qui par envie ou nécessité avait doublé sa surface de vente mais pas ses employés. Le stress a certainement tué cette dame, c’est impossible d’être sur par manque d’observations et de solutions à cette époque.

 Son hygiène alimentaire rudimentaire, son repos (sommeil et pauses), ses sollicitations physiques (debout toute la journée et même piétinement…), tout a été facteur, y compris après la fermeture les tâches fournisseurs et personnelles.

2 - Le burn out n’est pas une maladie mais bien un syndrome, tout au moins dans sa zone de départ.

 Par la suite, il peut développer des maladies très concrètes et dangereuses que l’on ’sépare’ les unes des autres pour guérir les plus faciles et se positionner sur les moins faciles.

 Ce n’est pas une mode non plus.

 En plaçant la définition du mot syndrome, on comprend clairement,qu’il n’y a pas maladie mais bien un état pathologique (santé générale d’un individu).

 Le dictionnaire Larousse donne cette définition, elle semble précise :

’Ensemble de plusieurs symptômes ou signes en rapport avec un état pathologique donné et permettant, par leur groupement, d’orienter le diagnostic.’

 3 - Les individus souffrant du syndrome d’épuisement posent souvent la question suivante : ’les médecins sont-ils formés à notre état ?’

 Oui, les médecins sont généralement formés aux maladies dérivant du syndrome. Il leur faut juste un temps de travail et d’introspection long.

 Ils connaissent le sujet même s’ils ne développent pas toutes les spécialités nécessaires à la guérison.

 Le syndrome englobe un ensemble de symptômes qui se manifestent par des maladies précises dans le cadre du burn out. Les plus courantes sont les AVC, les infarctus, les accès de dépression, le déclenchement de troubles bipolaires pour les principales.

 Les causes et les effets sont connus mais n’ont pas les mêmes applications suivant les individus et leurs prédispositions.

4 - Développons un peu plus le rapport initial qui est dans la pression ou le harcèlement de l’individu vis à vis de lui-même et de son entourage.

 Même dans le ’harcèlement consenti ou positif’, l’individu est broyé par les ’bonnes raisons de’.

 Il peut donc y avoir une relation à l’autre défaillante car sincère d’un côté mais pas de l’autre. Ce facteur-là est lourd de conséquence lorsque le ’réveil’ s’opère.

 Il y a également un point très important à souligner, un harcelé peut être lui aussi un harceleur.

 Les maltraitances physiques et psychiques conjuguées sont des engrenages pour lesquels, un observateur averti n’a pas toutes ses chances d’imposer une autre vision de la vie.

 Les propositions peuvent se confronter à un mur de ’bonnes raisons’ que lui donnera l’individu noyé dans ses relativisations ou autres processus de défense.

 La conduite ’harcelante’ pousse le sujet (quelques soient ses jusitfications) à ne plus s’alimenter correctement (plusieurs jours sans se nourrir dans sa norme) ; à ne plus boire que lorsque la soif est incontournable et bien trop tardive pour le corps ; à ne plus dormir, sauf pour ’tomber comme une souche’ et que quelques heures ; à ne plus avoir aucun loisir, ni de véritables liens avec les autres (communication vide) ; à se trouver essentiel au point d’interrompre ou de remettre tout ce qui est vital pour lui/elle.

5 - Lorsque le rythme biologique n’est plus du acceptable pour la bonne santé physique, le psychisme se met dans la partie déficit également.

 On peut chambouler occasionnellement ses rythmes mais être en abstraction n’est pas possible.

 Ici, l’entourage joue un rôle primordial pour éviter le plus invisible des comportements de protection. Je le nomme le passage où l’individu ’entre dans son cerveau’.

 En quelque sorte, le sujet se réfugie dans son activité cérébrale et il n’est plus en relation ni harmonieuse, ni légitime, ni lucide avec son corps.

 Cette expression étrange évoque le repli de la personne, via son psychisme, dans une survie et un espace déconnecté des réalités tangibles. Il y a comme un regard de l’individu sur un corps qui devient insensible aux sollicitations normales et habituelles à tout être humain.

 Cette zone est très dangereuse car le psychisme se met en abstraction de vie physique pour ’protéger’ son bastion mental dont le sujet pense que l’on va lui prendre le dernier morceau de ce qui est à lui.

 Il laisse donc, les soins basiques en option car il porte ses dernières réserves sur le cérébral… Ce qui le conduit ’à craquer’, ’à brûler’ de l’intérieur par déficit d’énergie physique (alimentation et sommeil) mais aussi par déficit d’énergie cérébrale (volonté et ressources mentales renouvelées par des apports physiques).

 Dans le cas d’un positionnement intellectuel de l’individu sur sa protection d’un droit à s’appartenir par sa pensée intacte, il se dirige vers le suicide et ses tentatives A cet endroit, une série de négociations peuvent se réaliser et il y aura encore des négociations entre le suicide et la prise de soins. 

 Si les soignants ou l’entourage ne répondent pas en faveur des demandes (particulières et rudes à comprendre) le sujet peut passer à l’acte. Souvent les personnes limitrophes devront faire preuve d’une forme d’autorité pour conduire la solution de prise en charge hospitalière ou médicale de proximité.

 Il est impératif d’écrire que l’individu peut être ’tirer à 4 épingles’. Ce qui a pour sens que le paraître reste une grande motivation du syndrome d’épuisement. Pourtant, l’idée et le ressenti du sujet est que même sous la douche ou en repassant ses vêtements, il ne sent plus rien, il est vide. Son corps ne transmet rien ou si peu.

 Et il s’accroche à ce que son esprit soit intact et ’normal’ pour son entourage. Il y a sur-dimension et donc, les accès dit paranoïaques ne sont pas étonnants.

 Ces besoins du corps oubliés sont considérés comme un automatisme et il y a une pseudo activité de protection réflexe sans consistance réelle. Le corps n’apporte plus de gratifications, ni de récompenses, donc on le sacrifie un maximum et par tous les moyens dont le faire semblant.

Ici, à cet endroit, la préface de la ’brûlure’, du ’cramer’ du corps est écrite.

 Le risque de brûlure du cerveau et de son activité est en cours, aussi mais avec quelques secondes de décalage.

   Chacun sait que la mort cérébrale est considérée comme une mort définitive.

 La personne sait qu’elle va brûler son cerveau. Elle sait qu’il ne faut pas.
Cela va pousser sa négociation avec l’appel au secours. Son choix sera d’ouvrir ou pas sa sortie et son retour dans un monde vivant et rempli de sensations.

 Savoir n’est pas pouvoir car dans cette zone, l’individu veut empêcher et il négocie mais il fait du moins pire et non du mieux. Il ne sait plus comment s’appartenir et adhérer à la vie.

 Il est face à lui dans une extrême détresse et solitude et si l’extérieur n’est pas garant d’une sauvegarde, l’individu choisit entre le suicide et le suicide.

 Si l’entourage est garant, il opte, sur le moment, pour un autre suicide : les soins médicaux. _ Pourquoi autre suicide ? Parce que le sujet devra lâcher et accepter de lâcher, son trésor intérieur qui est de se dire ou presque, qu’il lui est indispensable de continuer…

 Continuer quoi ? A travailler, à être présent, à s’occuper de sa famille, à s’épuiser… Tous les motifs peuvent être légitimés par l’individu et être parfois, légitimes. Alors, une hospitalisation s’interprète comme un suicide (perte de temps, d’honneur, d’argent et n’négation de l’état de gravité faute d’éléments).

 N’oublions pas que le syndrome d’épuisement a pour conduction :

’je ne lâcherai rien, je dois réussir, ma pensée n’appartiendra jamais à quelqu’un d’autre…’

 Je laisse les lecteurs faire leur conclusion. Avec les points de suspension, la page ne se ferme pas à vos solutions qui sont aussi personnalisables qu’il y a de situation…

 Retenez les principes et installez les détails dedans…

Mieux vaut prévenir que guérir.

 

Sylvie BRIERE

Fondatrice et présidente

Lire le livre « Le syndrome d’épuisement » aux Éditions Fortuna et en librairie.